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25/04/2014

Un Voyage en Tunisie

Sous forme de notes, qui datent de 1997, impressions, regards que l'on continuerait de suivre là où ils ne vont pas, goût de l'aventure, îlots sensibles, écoutez :

"Départ de Marseille par le Rodanthi, à 19h30 au lieu de 18h00. Fauteuil pour chacun, la nuit sur l'eau qui mousse, mais incroyable : les hommes d'un côté, les femmes de l'autre. Profiter d'un moment d'inattention du sbire pour rejoindre Annie, échanger quelques mots, puis le blouson sur la tête pour dormir. Nuit infame, courbaturé. Tôt le matin, depuis le poste de pilotage, sur le pont où nous sommes montés, pour voir. A nos côtés, la Sardaigne : "Un géant nous regarde !" ; en fait, c'est un phare que croise le ferry-boat, d'assez près pour que nous en distinguions les grandes lignes. Au-dessous, un sillage bleu vert, crémeux. Matinée de soleil sur le pont. Nous discutons avec Ophélie, une jeune lyonnaise, qui nous apprend qu'érémiste, elle n'avait plus rien à perdre. Elle s'en va vivre à Sousse, "ville où il n'y a rien, ou à peu près". Nous l'encourageons.

Après-midi passée à tracer au feutre orangé notre itinéraire pour les deux semaines à venir : objectif, traverser tout le sud jusqu'à Bordj El Khedra (mais je n'en dis pas un mot pour le moment : l'aventure !). Je repense à H. L., dont la femme est native de Gabès. Et aujourd'hui, écrivant ces notes, et ce qu'il m'a fait envoyer pour Diérèse ces jours-ci : la concernant, glotte sèche. Terrible, la vie, quelquefois.

Il faudrait un deuxième jerrycan de 20 litres, nous le prendrons sur l'île, à Djerba même. A 18h02 précises, le soleil, englouti. Sur le pont un des serveurs courbe la main au-dessus de l'astre déliquescent, comme s'il pouvait accélérer sa progressive disparition. Qu'il pouvait le touchant ne pas s'y brûler, voire même l'enfoncer dans la grande bleue (enfoncer la tête de mon ennemi sous l'eau : un retour à l'enfance, toujours. Nage dans une oasis, une palmeraie, premier visage du paradis). Au menu : des rougets grillés accompagnés d'une paella. On parle dans le fil de gambas et de rosé frais : du Mornag sur la table, une bouteille aux courbes d'amphore. Pointant une ville à peine indiquée sur la carte entièrement déployée. La brise nous oblige à la refermer au plus vite, tandis que ses pages dépliées en éventail n'arrêtent pas de claquer sur elles-mêmes. Enfin...

Des étoiles dans les yeux."

                                                                                    Daniel Martinez

11:45 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0)

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