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22/06/2016

Présence de Sébastien Stoskopff II

Nature morte au réchaud, aux piverts et au baquet


Un miroir en réponse au liséré de l'oeil
que la carpe enfouie dans le baquet profond
change en un éclair, dans l'étroite cellule
où se débat la vie, sur un seul cheveu d'onde :
le peu d'or qu'elle recueille indique bien
que la douce membrane de l'eau
épousera sa fin, ne la préservera de l'outrage
ni du grésillement futur de ses chairs laiteuses.
Derrière le maillage précis de l'écaille
l'extrême transparence touche à l'oubli de soi,
à la folle pirouette, qui de l'eau l'a extraite,
à cette synthèse du commencement et de la fin :
deux piverts morts, un ange passe à l'orée,
mosaïque des verts sur le bois de la table
que déchire la frisante lumière
sur la gauche de la toile advenue.
Avec le réchaud respire l'ombre liquide
les vapeurs filigranent ce qui frémit :
un artichaut sur le plat d'étain
cache sous ses feuilles quelqu'exquise façon
de piquer le goût, transfigurer l'âme des choses.

                                          Daniel Martinez

20:56 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0)

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