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19/10/2017

"Géant des profondeurs", de Michel Segonzac, éditions Quae, 2014

A propos du calmar géant

La calmar géant fait partie des derniers mystères de la planète. Michel Segonzac, auteur de Géant des profondeurs, et attaché honoraire au Muséum national d'histoire naturelle, a levé le voile sur cet animal mercredi 11 mars 2015, lors d'une conférence à l'Institut océanographique, à Paris.

Audrey Chauvet a recueilli ses propos :

Pourquoi les scientifiques s'intéressent-ils au calmar géant ?

"C'est le plus grand invertébré de la planète, et aussi le moins connu. Les Japonais ont réussi à le filmer pour la première fois dans son milieu naturel en 2012. On le connaissait depuis l'Antiquité, il y avait des mythes autour de cet animal, mais il a fallu attendre le milieu du XIXe siècle pour être sûr qu'il était réel.

Que reste-t-il à découvrir sur lui ?

Son comportement, sa physiologie, quelles sont ses proies et ses prédateurs, comment il se reproduit, comment il vit dans des milieux obscurs... C'est un animal sur lequel on sait encore très peu de choses, même si a priori c'est l'animal qui a le plus gros oeil, avec 25 cm de diamètre, soit la taille d'un ballon de football. Son bec énorme lui permet de déchiqueter ses proies.

Pourrait-il y avoir d'autres grands animaux inconnus dans les profondeurs des océans ?

Les espèces de grande taille en général ne nous échappent pas, mais quand on voit l'étendue des grands fonds et le peu qu'on a exploré, on n'est pas à l'abri de surprises. Il pourrait exister un animal de légende, un poulpe gigantesque de plusieurs dizaines de mètres.
Pour les animaux de petite taille, on est sûr qu'on peut encore trouver des espèces nouvelles. On estime aujourd'hui qu'on a identifié 260 000 espèces marines et qu'il en resterait 1 500 000 à découvrir."



Michel Segonzac

 

Depuis ces abysses oniriques, cette phrase de Thomas de Quincey*, remarquable entre toutes :

"L'organe du rêve, conjointement au cœur, à l'œil et à l'oreille, compose le magnifique appareil qui force l'infini à rentrer dans les chambres du cerveau humain." Il me plaît d'imaginer que le rêve se cultive, s'entretient comme un domaine réservé où l'on entre paré de ses chimères. Et que l'aura qui l'enveloppe le protège des incursions du réel quand il se montre trop pesant. Fuite, m'objectera-t-on, quand il ne s'agit que de se recomposer, sous une vêture de fortune. Contre vents et marées. DM

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