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30/05/2016

L'expression "Retourner le ciel et la terre", par Ji Yuan

L'expression "Retourner le ciel et la terre" apparut la première fois dans le poème Dix-huit chansons à la flûte nomade, écrit par Liu Shang durant la dynastie Tang (618-917).

Liu Shang excellait en poésie et en peinture. Il aimait boire et était souvent déprimé. Il buvait sous le clair de lune et exprimait ses sentiments les plus intimes dans ses poèmes. Il peignait des oiseaux, des poissons, des insectes et des paysages. Il vécut de nombreuses années dans la solitude puis disparut. Personne n'a su ce qu'il était devenu.

Le poème Dix-huit chansons à la flûte nomade parle de Cai Wenji, une célèbre poète et musicienne de la dynastie des Han orientaux (25-220). Cai fut capturée puis emprisonnée dans les terres du Nord par les nomades Xiongnu (peuple nomade du Nord de la Chine) qui avaient envahi la capitale de la Chine de 194 à 195. Durant sa captivité, Cai Wenji fut mariée à l'un des princes et lui donna deux fils. Cai resta prisonnière des Xiognu pendant 12 ans jusqu'à ce que le seigneur de guerre Cao Cao (155-220, il est celui qui établit les fondations de ce qui devint plus tard le royaume de Wei) paie une lourde rançon pour la faire ramener en Chine. Cai fut relâchée et retourna dans son pays natal, mais elle laissa ses deux enfants en territoire Xiognu.

Dans son poème, Liu Shang écrit dans la sixième chanson : "Par le fait d'un printemps bien court, on ne trouve ni fleur ni saule sur les terres nomades. Qui remarque quand le ciel et la terre se retournent ? On cherche maintenant l'étoile du Nord en faisant face au Sud. Quand on suit tous les ordres que l'on reçoit, les mouvements de mains passent mieux que les mots". Par la suite, l'expression poétique "retourner le ciel et la terre" (tiān fān dì fù), synonyme d'un changement profond dans l'ordre des choses, passa dans le langage courant.


                                                                                     Ji Yuan

Diérèse 68 - en préparation : Anne Emmanuelle Volterra

Autoportraits

la joue | est un élément volcanique | composée de maxillaires: unis, infaillibles | et de muscles : multiples, attendris dans le sommeil ou l'abandon | recouverte de chair et de peau : fines, nerveuses, terrifiées - | par la beauté annihilante de la vitre | la vitre frêle | qui la jette dans le paysage | en absorbe les composants | en capte les apparences | en restitue la profondeur, infidèle et trompeuse | que la joue ne peut que sentir | s'y écraser | qui l'obstrue | la repousse | où la chaleur se fige - | s'y reflétant découvre une texture | assassinée | et ressuscitée - | la vitre se déglace | vibre dans l'os, jumeau | mais les passions insensées se meurent | dans un rayon de lumière oblique

***

joue restituée | mais fausse: | relation de mensonge. | installé dans quelque atome, au loin | le désir fait place | au dégoût - | à quoi bon cette lumière | d'automne, délirante | sur cette chair crédule, fondant | dans ce monde sans pigment | ni épaisseur ?

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

                                             Anne Emmanuelle Volterra

 

Je termine ici les présentations des auteurs de la future livraison de Diérèse. Une liste non exhaustive, il va sans dire. A tout bientôt et avec mes amitiés, Daniel Martinez

15:29 Publié dans Diérèse | Lien permanent | Commentaires (0)

Diérèse 68 - en préparation : Sinclair Beiles

Sinclair Beiles. Né en 1930, le poète sud-africain Sinclair Beiles a vécu à Paris dans les années 50. Bruno Sourdin a traduit pour Diérèse quelques-uns de ses poèmes inédits en français.

A song
My dress fell.
It fell about my feet
Like a pool in the rocks.
Come close to me.
Lick my skin
And you will taste the sea.

       * * *

Chanson
Ma robe est tombée.
Elle est tombée à mes pieds
Comme une mare dans les rochers.
Viens tout près de moi.
Lèche ma peau
Et tu sentiras la mer.

            Traduction de Bruno Sourdin