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24/06/2017

"Laisser dire", de Jacques Ancet

Jacques Ancet, qui a participé au numéro 52/53 de Diérèse (spécial Thierry Metz), revient vers nous avec ce numéro 71 en préparation. Une voix unique dans le paysage éditorial actuel, j'écris cela tel que je le pense. C'est un texte de réflexion qu'il nous propose, lisez/écoutez plutôt cet extrait que vous êtes les premiers à découvrir (après votre serviteur) :   

"La violence est partout, dit la voix. On voit le ciel se couvrir,

Les choses se figer dans leurs contours. On voit la buée des heures

Un instant suspendue. Partout, répète la voix,

La douleur est partout — et le sang. Et comment laisser dire ?"

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Jacques Ancet

22/06/2017

Deux livres de Lionel Bourg...

récemment parus (mai 2017), l'un aux éditions Le Réalgar, l'autre à La Passe du vent seront chroniqués in Diérèse 71. Il s'agit de : "Demain sera toujours trop tard" et d'un récit : "Watching the river flow - Sur les pas de Bob Dylan". Je retiens l'aparté désabusé de celui qui dans pas plus que 5 jours aura 68 ans :
"C'est quoi, la vie ?
Des cailloux dans une chaussure. Une fleur. Des baisers un après-midi de septembre. Des copeaux de ciel ou un mouchoir que l'on serre dans son poing quand les marins à la manœuvre ont largué les amarres...
Non, Bob, il n'y a pas de Paradis. Pas d'Enfer.
Que du temps, crispé, dilaté.
Des ossuaires de temps et des peuples qui crurent à la majesté des naufrages..."

La majesté des naufrages : en quelque sorte l'histoire de l'humanité, en rupture avec nos facultés d'adaptation, inégalées/lables parmi les espèces vivantes. Ainsi nous allons, sûrs de notre fait, malgré tout... Sommes-nous dignes d'occuper la planète terre ?, j'en doute de plus en plus, à mesure que se précisent les dégradations de toutes sortes qui accompagnent le commun de nos jours.

Allez, je vous laisse pour aujourd'hui car les chaleurs m'indisposent, mais qu'à cela ne tienne ! A très bientôt, DM

21/06/2017

Malcolm de Chazal (1902-1981)

L’œuvre singulière de Malcolm de Chazal

Malcolm de Chazal est l'un de ces grand marginaux dont la littérature a besoin, peut-être pour rêver d'elle-même. L'intense et singulière étrangeté des écrits, associée à l'éloignement de l'auteur - l'île Maurice -, a contribué à installer son beau nom dans les marges de l'histoire littéraire, au cours des années qui ont suivi la dernière guerre.

Né en septembre 1902 à Vacoas, dans une famille fixée à Maurice depuis près de deux siècles, sujet britannique, Malcolm de Chazal fut d'abord ingénieur avant de devenir fonctionnaire. Dans les années 1930, il rédige, toujours en français, une foule d'aphorismes qu'il fait imprimer lui-même. En 1947, Jean Paulhan l'accueille avec enthousiasme et publie, chez Gallimard, Sens plastique, puis, deux ans plus tard, La Vie filtrée. André Breton vante le "système génial de perception et d'interprétation" de l'écrivain. Francis Ponge le félicite de "fracturer ainsi les portes du concret". Georges Bataille, Jean Dubuffet s'émerveillent. Mais Malcolm de Chazal fatigue ses interlocuteurs parisiens, lassés par le manque de mesure de son esprit qui veut embrasser tous les domaines du savoir et de l'expérience.

A partir de 1950, il auto-publie, à Maurice ou à Madagascar, une foule de livres et commence une œuvre picturale. Il détruira lui-même une partie de ses ouvrages. En 1968, Jean-Jacques Pauvert publie de brefs poèmes. On s'intéresse à nouveau à lui. Il meurt en octobre 1981. "Dans la mort, l'étonnement est peut-être le sentiment dominant", avait-il prévu.

Quelques rééditions, chez Gallimard ou à L’Éther vague, et aussi chez Exils (Pensées, 1999, qui regroupe l'ensemble de ses livres d'aphorismes) maintiennent un peu la mémoire du nom de Malcolm de Chazal. Jean-Paul Curnier et Eric Meunier ont décidé d'exhumer, aux éditions Léo Scheer, l'essentiel de l'immense production littéraire de l'écrivain qui, selon J.-P. Curnier comporte 57 titres recensés d'ouvrages et d'opuscules dont la plus grande partie n'existe plus qu'à un ou deux exemplaires". Petrusmock, "roman mythique" de 500 pages datant de 1951 a été le premier de la vingtaine de volumes (au total 5 500 pages) qui seront publiés, au fil de l'eau. A redécouvrir toutes affaires cessantes le tome 14 : Sens magique, composé de 755 aphorismes. 

"Je ne crée rien, écrivait Malcolm de Chazal. Simple greffier, je n'interprète pas, je décris. Je ne suis qu'un cinématographe de l'invisible." Cette édition n'est pas critique, elle se contente d'établir et de reprendre chacune des œuvres de l'auteur.

                                                                  Pierre Drachline

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