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18/09/2015

Les sangles en psychiatrie

Après quelques jours de farniente, je commencerai par vous faire part de ce courriel transféré du collectif des 39, web39@collectifpsychiatrie.fr> dont j'ai de suite pris connaissance, ainsi formulé :

"Je vous envoie cette pétition des "39" contre les modes de soins qui se pratiquent ​en ce moment en psychiatrie : "La sangle qui attache tue le lien humain qui soigne"  Nous retournons, dans un parfait silence, vers une barbarie."

Certes, certes. Après m'être frotté les yeux, j'ai relu : "les modes de soins qui se pratiquent en ce moment" (!) Voyons, voyons, mais cela fait lurette que... Voudriez-vous, tant que nous y sommes, que nous parlions aussi des chambres d'isolement, véritables cellules d'incarcération dont bénéficient les moins coopératifs ? Des mélanges des genres : autistes, schizophrènes, psychotiques et maniaco-dépressifs embarqués dans la même nef ? Ou encore, en pleine capitale, du pavillon des anorexiques à la Pitié-Salpêtrière, avec exposition 24h/24 des patients derrière des cloisons vitrées ? Que nous nous attardions quelques minutes sur ces mouroirs où l'on affaiblit ceux que la nature a créés plus faibles que le commun, les privant des plus élémentaires défenses qui nous permettent de vivre en société ? Pincez-moi, je rêve.

Ce sont bien les pratiques du monde psychiatrique dans leur globalité qui sont à revoir, les sangles... et le reste. DM

12/09/2015

Lettres à Gaëlle XXIII

XXIII

 

Sur les cailloux lavés d'une pluie sortie du cercle du ciel
au coeur du grand sablier quand assis en silence
le monde qui nous porte est ouvert sa route tracée
d'où surgit le sens dissipe-toi sans façon
à l'oreille il susurre dans la chambre d'histoires
comme une feuille de papier glissée entre tes doigts


Et qu'importait mon rêve figure d'or coiffe d'azur
qu'il fût par les feux du jour jeté aux quatre vents
dans le lent tournoiement d'invisibles courants
l'été aura grandi sur le mur pignon une pie parle là
deux s'envolent est-ce pour cela qu'obstinément
tu fixes les nuages et ceux venus doucement


se poser sur le balcon sont pointes de lumière
derrière le rideau une fenêtre d'images
sans rien d'autre pour leur prêter vie
que les yeux de l'enfance aussi vastes


que le Dehors ses codes et ses blessures
seront les plis de ce vieux châle
tissé par les nuées comme la plus grande vérité
qu'il nous soit donné d'atteindre fascinante


                                     Daniel Martinez

23:27 Publié dans Eden | Lien permanent | Commentaires (0)

07/09/2015

J.-M. Lewigue (1938-2005) opus 1

Un peintre qui vivait pour son art, poète de surcroît, qui a publié in Diérèse et qui a connu Jean Rousselot. Roland Nadaus devait écrire à propos de J.-M. Lewigue, dans un catalogue dont le peintre n'a jamais vu le jour bien malheureusement, quelques mois après sa disparition :

"... Oui, ce fou de peinture est un lucide, un lucide souffrant - comme le sont les vrais voyants.
Un de ces extralucides dont le regard écarquille le regard des autres - tout comme le chirurgien écarte les chairs avant de ruginer l'os qu'il doit ressouder.

*

Lewigue, lui, ressoude le monde par son regard et sa gestuelle de peintre - le regard est lumière reçue autant que donnée, espace est le geste, sur la toile comme dans la vie : ne bouge plus le mort.
Ainsi Lewigue fait-il la radiologie du monde en même temps qu'il l'invente et le reconstruit - ou comment donner en tableaux fixes ce qui remue le plus : la vie "devant soi" et en soi-même...

*

Oui Lewigue nous ressoude au monde, à notre monde intérieur autant qu'à la poussière/boue de nos chairs - il nous ressoude à notre corps spirituel autant qu'à ses souffrantes apparences.
Mais il le fait en couleurs.
- En couleurs !"


                                                                                                 Roland Nadaus


Expositions particulières de J.-M. Lewigue :

de 1964 à 1968 : Cimaise de Paris, Galerie Principe, Hôtel de Ville de Louveciennes
1991-1993 : Galerie Muscade (Paris)
          1994 : Galerie Frédéric Sagot
(Paris)
          1996 : Galerie Jacques Debaigts
(Paris)
          1997 : Galerie Jacques Debaigts (Paris)
          1998 : Poitiers Le Grand Hôtel
          1999 : Galerie Jacques Debaigts (Paris)
          2000 : Hôtel de Ville de Guyancourt
                       Galerie Jacques Debaigts (Paris)
                      Poitiers le Grand Hôtel
          2002 : Musée de La Grande Loge de France (Paris)
          2003 : Galerie Mireille Batut d'Haussy (Paris)
          2004 : Galerie Pierre Michel D. (Paris)

                      La Galerie d'Art Aéroport d'Orly Ouest
                      Nayl Contemporain Poitiers

Publications :

Façon de silence, recueil de poèmes préfacé par Jean Rousselot, éd. A Contre-Silence, octobre 1991
Echardes, poèmes, éd. Moraines, décembre 1995
Coupe-cendres, poèmes,
éd.Les Cahiers de  l'Arbre,  janvier 1997
Ombre portée, poèmes,
éd. Moraines, février 1999
Les temps vénéneux, poèmes, 
éd. d'écarts, 2005
A réalisé de nombreux livres d'artistes...

15:33 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0)