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14/02/2017

Jean Bensimon sera présent in Diérèse 70

Un dimanche matin je flânais au lit. Cela ne m’arrive pas souvent mais je sortais d’une semaine lourde et difficile. Par la fente des rideaux mal joints des rais de clarté filtraient dans la pénombre de la chambre. L’un d’eux venait donner en plein sur le verre d’une reproduction de tableau, qu’il faisait briller. J’ai dû somnoler légèrement, les yeux mi-clos, la tête sur le côté enfoncée dans le moelleux de l’oreiller. Je sentais sous ma joue une petite tache d’humidité : de la salive qui avait coulé de ma bouche. Savourant avec volupté le silence et cet état intermédiaire entre veille et éveil, je baignais dans une eau agréablement chaude, des bulles remontaient du profond, grossissaient pour crever à la surface. Soudain j’eus la sensation d’une présence. J’entrouvris les yeux et regardai autour de moi. Je l’aperçus alors pour la première fois et écarquillai les yeux. L’image était tremblée..................................................

 

                                                                        Jean Bensimon

13/02/2017

Guilhem Joanjordi et Olivier Massé seront présents in Diérèse 70

Double récit au café américain


1) Récit de Philippe

Au sortir de la cafétéria, d’un commun accord et sans qu’il eut été besoin de concertation, Adrien et moi dirigeâmes nos pas vers ce bar branché de la dalle de Mériadeck. En traversant sans coup férir le miroir de l’apparence, du temps qu’une blonde un peu passée se prenait les pieds dans le cordon de son ordinateur portable et manquait de se répandre au sol, Adrien me raconta qu’un de nos amis venait souvent déguster un café, ou un thé, il ne savait plus bien, dans ce bar avant d’aller travailler. Je savais que le bar du haut du décumanum, en bas de la porte de Jupiter, avait la pratique de cet ami, mais je connaissais également le goût de ce dernier pour les changements, la modernité et tout ce qui pouvait distraire le sérieux de son existence de responsable réglé qui voyait loin dans le gouvernement du monde et l’allure de l’univers.

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                                         Guilhem Joanjordi et Olivier Massé

Inger Christensen, traduite par Janine et Karl Poulsen, sera présente in Diérèse 70

Cascades (1969)

I

1 La fontaine de la piazza Nicosia fut contruite en 1572. Jacopo della Porta était à l’époque l’architecte à la mode.

La piazza Nicosia n’est pas vraiment une place. C’est la via di Monte Brianco qui s’élargit vers le Nord-Ouest.

Je suis assise à une table avec des couverts et des verres. Ils ne servent pas avant 13 heures.

Une Jaguar rouge traverse la place. Elle disparaît par la via Leccosa.

Le soleil brille. L’eau réfléchit la lumière. L’émail de la Jaguar rouge réfléchissait la lumière quand elle passait.

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                                                        Inger Christensen