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01/07/2016

Diérèse 65 évoqué par la revue Phoenix

Diérèse 65

Ce numéro est aussi agréable à découvrir que les précédents : pages richement illustrées de peintures, dessins, collages (un collage de Ghislaine Lejard m’a particulièrement intéressée)… L’ensemble comprend neuf rubriques ; le lecteur va à la rencontre de la poésie, de la littérature et des arts. Après une belle réflexion sur « La voix de la traduction », Alain Fabre-Catalan présente Georg Trakl, à qui est dédié aussi un dessin de Max von Esterle. Dans le domaine chinois, le poète Du Mu (803-852) est évoqué et traduit par Guomei Chen. Trois cahiers accueillent quinze poètes. Richard Rognet en ouvre l’ensemble. Line Szöllösi fait entendre les biches qui halètent et la foudre tombée comme un nid. Cette matière à rêver (Isabelle Lévesque) lie en filigrane l’ensemble de ces cahiers. « Récits » accueille trois auteurs ; la rubrique d’Etienne Ruhaud, « Libres propos », évoque le tombeau des poètes. Les cimetières choisis sont ceux de Saint-Mandé où repose Juliette Drouet et de Bagneux (Alfred Jarry). Ici, c’est la pierre tombale qui parle, révèle son histoire. Après la rubrique « Cinéma » vient celle des « Bonnes feuilles », aux nombreuses recensions ! La présentation des éditions Les Deux-Siciles en fin de volume confirme le pouvoir de Diérèse : ouverture à tous les horizons.


 Marie-Christine Masset – Phoenix (Printemps 2016 – Numéro 21)

 

17:08 Publié dans Diérèse | Lien permanent | Commentaires (0)

30/05/2016

Diérèse 68 - en préparation : Anne Emmanuelle Volterra

Autoportraits

la joue | est un élément volcanique | composée de maxillaires: unis, infaillibles | et de muscles : multiples, attendris dans le sommeil ou l'abandon | recouverte de chair et de peau : fines, nerveuses, terrifiées - | par la beauté annihilante de la vitre | la vitre frêle | qui la jette dans le paysage | en absorbe les composants | en capte les apparences | en restitue la profondeur, infidèle et trompeuse | que la joue ne peut que sentir | s'y écraser | qui l'obstrue | la repousse | où la chaleur se fige - | s'y reflétant découvre une texture | assassinée | et ressuscitée - | la vitre se déglace | vibre dans l'os, jumeau | mais les passions insensées se meurent | dans un rayon de lumière oblique

***

joue restituée | mais fausse: | relation de mensonge. | installé dans quelque atome, au loin | le désir fait place | au dégoût - | à quoi bon cette lumière | d'automne, délirante | sur cette chair crédule, fondant | dans ce monde sans pigment | ni épaisseur ?

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

                                             Anne Emmanuelle Volterra

 

Je termine ici les présentations des auteurs de la future livraison de Diérèse. Une liste non exhaustive, il va sans dire. A tout bientôt et avec mes amitiés, Daniel Martinez

15:29 Publié dans Diérèse | Lien permanent | Commentaires (0)

23/04/2016

Henri Michaux : "Donc c'est non", éd. de Jean-Luc Outers, Gallimard, 208 pages, 2016

Comme je vous le laissais entendre dans la dernière note du blog, Michaux fut d'abord l'homme du "non" ; l'heureux paradoxe est qu'il ait pu paraître sans encombre dans La Pléiade, sous l'oeil averti de celle qui fut sa compagne, Micheline Phankim. Car l'époque que nous vivons privilégie l'assertivité, fût-elle servile...

Ce livre dont je ne vous touche que quelques mots aujourd'hui : "Donc c'est non" réunit en son sein un certain nombre de lettres où Henri Michaux, sur la défensive, en position du hérisson, envoie gentiment promener - jamais chez lui d'emportement vulgaire - ceux qui essaient de l'entraîner sur des chemins qu'il n'aurait pas librement choisis. C'est Jean-Luc Outers qui s'est chargé de compiler lesdites lettres. Ce qu'Henri Michaux écrit à propos des prix littéraires : "J'excuserais une assemblée anonyme qui, siégeant secrètement dans une cave obscure, m'adresserait (...) une somme importante en signe d'enthousiasme."

Attitude constante donc, il demeurera jusqu'au bout fidèle à ses principes, refusant la collection Poésie/Gallimard comme sa panthéonisation dans La Pléiade ! La première car il estimait qu'"un livre, cela se mérite" (et que le tenir en poche ne serait pas acceptable), la seconde car le rendu de ses nombreux livres illustrés en aurait pâti : "Laissez-moi mourir d'abord", répliquait-il. Toujours dans cette optique, il est resté jusqu'à sa mort, le 19 octobre 1984, fidèle à Fata Morgana, quitte à ce que les lithos de l'un de ses dernier livres, "Saisir", n'aient pas eu la qualité que l'on était légitimement en droit d'attendre pour pareille édition.

Je vous communiquerai plus tard l'une de ses lettres de refus (inédite), non reproduite dans cet excellent livre, "Donc c'est non", fidèle à la personnalité de ce poète hors normes que fut Henri Michaux. Daniel Martinez

13:38 Publié dans Diérèse | Lien permanent | Commentaires (0)