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20/05/2018

Une lettre (inédite) de Pascal Ulrich - 1964-2009

Pascal et moi commencions à correspondre, j'avais évoqué le poème "Clown" de Henri Michaux, où le poète pléiadisé post-mortem (libertaire d'esprit, il s'y était toujours opposé de son vivant) se comparaît à un clown "à force d'être nul / et ras / et risible". Un sentiment d'échec lancinant chez Pascal, qui lui pesait, en fait, comme tout un chacun dans la circonstance. En deux pages, cet été 2000 (les 23 et 24 juillet), il résume ce qui lui fait mal et le taraude, en son for. Lisez plutôt :

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     23 juillet 2000

     Salut cher Daniel,

     Comprendre l’autre, ça tient de la tentative. À peine peut-on soulever quelques coins du voile au risque de trouver l’insignifiant (et bien sûr ça vaut pour moi aussi). Mais quand on a décidé de vivre, il faut la tenter la tentative (d’approche, d’accostage…) avec le signifiant qu’on voudra bien y mettre et tant que c’est possible dans les sphères de la sincérité.

* * *

     24 juillet

     On me reproche parfois mon manque d’ambition (ça me fatigue comme énormément de choses par ailleurs) mais si j’en avais je risquerais de réussir (et ça c’est un terme de compétiteur (très fatiguant, ça, la compétition).

* * *

     À part ça je suis dans un point d’interrogation.
     À vif ? En fait je suis toujours à vif et c’est pourquoi c’est si difficile parfois. Mais il ne s’agit pas de se plaindre et d’ailleurs auprès de qui ?
     « Clown » de Michaux c’est tout à fait dans l’esprit de tout ça qui précède l’effondrement qui va avec le rebondissement car que faire d’autre sinon rebondir (même dans le néant plein de la musique de Traffic (Winwood, Wood, Capaldi) à l’instant.
      Je vais sans doute (sic) passer quinze jours chez l’ami Robert Roman. Départ mi-août.

     À bientôt !
     Le meilleur pour toi.
     Pascal.

19/05/2018

Cahier de la permanence surréaliste tenue à "La Dragonne"

Évoquant avec un ami le risque qu'il y aurait de vouloir lisser l'image d'André Breton - qui n'en demandait pas tant -, l'idée m'est venue de vous parler de ce fameux premier Cahier, d'abord tenu par Breton et Benjamin Peret, qui couvre la période du 13 octobre 1948 au 23 mars 1949. Vous le décrire, oui : il compte 29 pages, avec de nombreuses lettres et divers documents insérés entre les feuillets.

Cet ensemble de témoignages de première main restitue presque au jour le jour la vie intime du surréalisme lors d'une période particulièrement troublée de son histoire. Il s'agit des archives mêmes de la permanence assurée chaque mercredi par deux membres du groupe se relayant de semaine en semaine : on en dénombre 23, de Maurice Baskine à Patrick Waldberg en passant par André Breton dont les interventions sont de loin les plus pressantes car il inspire et anime de bout en bout cette permanence qui consiste à recevoir les ouvrages et les personnes se réclamant du surréalisme ainsi que les sympathisants, tel Jean Dubuffet, qui passe "dire bonsoir à Breton" ou dépose quelque objet susceptible de l'intéresser.

Le mercredi 13 octobre 1948, André Breton tient la première permanence avec Benjamin Péret qui entreprend la confection d'un fichier. La deuxième note le départ de Charles Duits qui allègue que "l'atmosphère de cour féodale du surréalisme ne lui est plus supportable". Le 25 octobre, "à la suite d'une communication d'André Breton longuement discutée et commentée", les participants décident que "Matta Echaurren est exclu du groupe surréaliste pour disqualification intellectuelle et ignominie morale", arrêt suivi de 27 noms dont, biffés après coup, ceux de Victor Brauner et de Sarane Alexandrian qui s'élève lui-même, dans le présent cahier, contre un tel jugement. Breton et Péret ayant demandé en vain à Brauner de revenir sur son refus de signer l'exclusion de Matta, il résulte que "par décision prise le 8 novembre 1948 V. Brauner est exclu du groupe surréaliste pour travail fractionnel. Alexandrian, Bouvet, Jouffroy, Rodansky et Tarnaud sont exclus comme faisant partie de la fraction constituée par Brauner."

Pour endiguer cette vague de défections, Breton décide "un remaniement du groupe" qui entraîne "la suspension de toute réunion au café de la Place Blanche" mais, par le moyen de "convocations individuelles", lui permet "une révision de chaque élément le constituant". Ces mesures sont couronnées par "l'élection à bulletins secrets d'un comité de trois membres" – Breton, Péret et Pastoureau – qui "a pleins pouvoirs pour décider de l'orientation de l'activité commune" ainsi que "de l'admission ou de la non-admission de nouveaux éléments éventuels".

En marge de ces débats figurent notamment des textes d'adhésion au mouvement déclenché par le "citoyen du monde" Garry Davis et, quant à la création poétique, les avis favorables de Breton sur Les nuits du Rose-Hôtel de Maurice Fourré et sur "un envoi des plus remarquables" de Jean-Pierre Duprey qui lui rappelle certains textes de Jarry.

Daniel Martinez 

16/05/2018

"La Foule Divinatoire des Rêves" : le samedi 26 mai à 18h

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Librairie éphémère - festival Quartier du Livre
Mairie du Ve, salle du Souvenir
5, place du Panthéon 75005 Paris

Performance suivie d’une dédicace des livres de
Catherine Gil Alcala
publiés aux éditions La Maison Brûlée
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Je bois à la fontaine la drogue de jouvence.

Une joie mêlée d'effroi rejaillit du passé.

J'entends un cri aigu dans chaque goutte d'eau.


                       Un homme me scrute au fond d'une grotte.
 
 
                      Catherine Gil Alcala

 

12:59 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0)