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28/06/2016

Oeuvres complètes d'André Breton, tome 3, La Pléiade

En fait de "posthumes", c'est un Breton bien vivant qui nous parvient avec le troisième volume de ses Oeuvres complètes dans La Pléiade.
Il est à New York, passant par la Martinique, durant l'Occupation. En dépit de l'amitié de Peggy Guggenheim, de celle de Marcel Duchamp, sa vie n'est pas drôle. Sa femme le quitte. Il se bat (épistolairement) avec Saint-Exupéry. Il accepte de devenir à la radio l'une des voix de "la France libre". Il n'abdique pas. Il découvre Victor Hugo spirite et le jeune Charles Duits. Matta contribue à lui faire connaître "les grands transparents". En 1943, au restaurant français Larrès il rencontre Elisa Claro et c'est de nouveau "l'amour fou".

Le retour ne se fera qu'en 1946, par, de nouveau, la Martinique (où il déclenche une mini-révolution). Bien que quelques-uns, comme Maurice Saillet et moi-même ayons préparé son accueil, il revient, un peu las et désabusé, dans un Paris qui l'ignore. Sartre et Camus tiennent le haut du pavé. Ils ne lui veulent pas de bien. La réciproque est vraie. L'exposition chez Maeght, "Le Surréalisme en 1947", préparée avec Duchamp, si elle connaît un succès public, n'a pas suscité l'intérêt de la presse.

Tzara, d'un côté, Roger Vailland de l'autre, s'en prennent à lui et au Surréalisme. Il fait face. Comme s'il avait besoin de plaider une cause qui a, hélas ! perdu de sa virulence, Breton doit s'en remettre aux journalistes, à André Parinaud pour des Entretiens à la radio, à Jean Duché du Figaro, à Louis Pauwels dont il se veut l'ami.

Les textes sont là. Et c'est de nouveau un bonheur. Qu'on rêve en sa compagnie ou en celle d'Elisa dans Arcane 17, c'est toute la magie qui revient, des horizons toujours ouverts.

                                                                      Maurice Nadeau

Une lettre inédite de Blaise Cendrars à Roger Nimier

Pour rester dans la relation revuiste-auteur, pour mémoire Roger Nimier était alors directeur littéraire du mensuel Nouveau Fémina

 

                                                               samedi 10 juillet 1954

Cher Monsieur et ami, je ne vous ai pas oublié, ce qui rend ma confusion encore plus grande de me voir obligé de vous donner la même réponse que l’an dernier. Je ne vous ai pas oublié, mais pris par d’autres travaux, je n’ai pas eu le temps de reprendre le texte que je vous destinais. Je pense pouvoir le faire dans l’année qui vient.
M'étant remis sérieusement à écrire, j'avance et pousse mes livres en chantier. Vous donner un titre ?
La nouvelle que je vous destinais s’intitulait La Mort subite. Je pense la reprendre vers la fin de l’année quand j’irai dans le Midi. Mais je puis aussi bien vous donner autre chose et de beaucoup plus important dans le courant de l’année qui vient.
Avec tous mes meilleurs sentiments,


                                           Blaise Cendrars


ndlr : la nouvelle Mort subite paraîtra dans le numéro de juillet-août 1955 de Nouveau Fémina, avec des illustrations de Fernand Léger, et recueillie en 1957 dans le recueil Trop c'est trop.

14:22 Publié dans Revue | Lien permanent | Commentaires (0)

27/06/2016

Une lettre inédite d'André Breton à Marcel Thiébaud

Pour illustrer les relations parfois tendues qui peuvent exister entre un revuiste et les auteurs qu'il entend contacter, voici pour vous aujourd'hui une lettre inédite adressée par André Breton à Marcel Thiébaud, directeur de la Revue de Paris, qui l'avait sollicité, pour un rendez-vous avec M. Paul Guth. L'intéressant est de remarquer au passage que ces deux actants ne partageaient manifestement pas les mêmes vues sur A. Breton :


                                                                 Paris, le 5 mars 1952.


Je suis touché de votre offre. Malheureusement, votre collaborateur M. Paul Guth (dont je ne discute d’ailleurs pas le talent) a publié sur moi il n’y a pas encore si longtemps un article que je tiens pour gratuitement injurieux. Je regrette, dans ces conditions, de ne pouvoir lui donner rendez-vous.
Me permettrez-vous de vous dire qu’en outre je ne me sentirais pas à l’aise dans la Revue de Paris. Je suis sûr que vous êtes capable d’entendre cela et que vous ne me garderez pas rigueur. Croyez, cher Monsieur, que j’éprouve du regret à vous décevoir personnellement et veuillez agréer l’expression de mes sentiments dévoués.


                                                            André Breton

11:32 Publié dans Revue | Lien permanent | Commentaires (0)