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11/05/2017

La notion de "hasard objectif" dans le Surréalisme

En pages 187-188 de Diérèse 70 paraîtra une lettre inédite d'André Breton à Daniel Abel. Concomitamment, il m'a semblé nécessaire de vous donner ici même quelques précisions, via Gérard de Cortanze, sur :

"La notion de "hasard objectif", qu'on pourrait rattacher à la crise des sciences qui s'est ouverte dès la fin du XIXe siècle (l'attribution du prix Nobel à Einstein en 1921 pour sa théorie de la relativité en est le signe ultime) mais aussi à la "synchronie" comme principe d'enchaînement a-causal élaborée par Jung (Natureklarung und Psyché, 1952) emprunte, d'après Breton à Engels ("la formule de manifestation de la nécessité") et à Freud (l'analyse nous permet de trouver un "désir" à l'acte qui ne semblait résulter que d'une coïncidence) : "c'est le besoin d'interroger passionnément certaines situations de la vie que caractérise le fait qu'elles paraissent appartenir à la fois à la série réelle et à une série idéale d'événements, qu'elles constituent le seul poste d'observation qui nous soit offert à l'intérieur de ce prodigieux domaine d'Arnheim mental qu'est le hasard objectif". (Limites non frontières du Surréalisme, 1937).

Dans Nadja (1928) et dans Les Vases communicants (1932), Breton s'était plu à relever quantité de coïncidences de faits et de signes, de rencontres et d'événements inattendus, mais c'est dans L'Amour fou (1937) qu'il systématise ce qui deviendra un des principaux champs d'investigations du Surréalisme. Ainsi la rencontre "inopinée" dans le quartier des Halles, un 29 mai 1934, avec une femme "scandaleusement belle", celle-là même qu'il avait décrite dans un poème daté de juin 1933, "Le Tournesol", et qui apparaît comme un récit anticipé de l'aventure, le confirme dans l'hypothèse déjà exprimée dans Nadja que la vie demande "à être déchiffrée comme un cryptogramme", qu'il existe une continuité des événements du monde, que la frontière entre subjectif et objectif exige d'être abolie, donc que le hasard n'est plus "que la rencontre d'une causalité externe et d'une causalité interne, forme de manifestation de la nécessité extérieure qui se fraie un chemin dans l'inconscient humain."

Dès lors, sa conception du "hasard objectif" ne variera plus, et lorsqu'il la reprendra dans Arcane 17, ce sera moins pour l'infléchir que pour la préciser. Employée dans le jeu du "Cadavre exquis", cette mystique des rencontres ne prospectera plus uniquement dans le domaine des êtres mais débordera sur celui des objets et des choses, dans la "trouvaille", ce "merveilleux précipité du désir". Une enquête, publiée dans Minotaure (n°3-4), et dont les deux questions étaient "Pouvez-vous dire quelle a été la rencontre capitale de votre vie ?" et "Jusqu'à quel point cette rencontre vous a-t-elle donné, vous donne-t-elle l'impression du fortuit ? du nécessaire ?" recevra cent quarante réponses."

 

                                                                             Gérard de Cortanze

10/05/2017

"L'Arbre des voyageurs", de Tristan Tzara

Vous parler aujourd'hui du premier livre illustré par Joan Miro, dont l'auteur est Tristan Tzara (1896-1963), le peintre ayant réalisé pour ce recueil de poèmes 4 lithographies originales. Il s'agit de "L'Arbre des voyageurs", tiré à 523 exemplaires, imprimé à Paris, aux éditions de la Montagne, en 1930.
Les 20 premiers exemplaires ont été imprimés sur vélin d'Arches, celui dont vous pouvez lire plus bas la dédicace, inédite, porte le numéro XVII, il a été offert à André Breton (on pardonnera à Tristan T. la mauvaise orthographe d'"arêtes", sachant que toujours l'émotion prime, la raison vient après).

Une sécheresse dans l'expression, un déferlement d'images à prendre comme elles viennent pour en extraire le sens, caractérisent les vers de ce livre qui précède d'une seule année celui qui fera la renommée du poète Dada : "L'Homme approximatif", que Jean Cassou qualifie d'"extraordinaire poème primitif". En 1930, les relations de Tzara avec les Surréalistes sont encore bonnes, mais il ne tardera pas à entrer en conflit avec eux, en particulier avec Breton. Œuvre charnière donc, dans la production et la vie du poète, et qui se divise en trois parties : "L'Arbre des voyageurs" (signe du roc), "A perte de nuages" (signe de l'éclair), "le Feu défendu" (signe du vent). DM

 

 

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 à André Breton

L'Arbre des voyageurs

               la soif des scaphandres
               les diadèmes de vies
               les rencontres derrière le dos des mots
               les arêtes du désert
               les allumettes
               les verres les gants
               des incendies des repos des myosotis
               les globules de sable incandescent

                                   avec l'affection
                                            de
                                          Tristan Tzara
                                             oct. 34

09:59 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

09/05/2017

"Le songe d'une nuit d'été", de William Shakespeare

Le chef-d’œuvre de William Shakespeare, Le songe d'une nuit d'été, exploite avec une verve savoureuse, une poésie et une invention incomparables toutes les ressources du sommeil. Perdus dans la forêt, les amoureux comme les artisans venus répéter leur divertissement et même la belle Tatiana s'assoupissent à qui mieux mieux dans le plus invraisemblable désordre au cours de cette folle nuit, ce qui donne l'occasion à Obéron et à Puck de leur jouer mille farces.
Tour à tour les chorégraphes Georges Balanchine au New York City Ballet en 1962, Fredrick Aston à Londres en 1964, John Neumeier au ballet de l'Opéra de Hambourg puis à l'Opéra de Paris en 1982 ont utilisé de manière diverse cet ingénieux canevas mis en musique par Félix Mendelssohn et Luciano Berio, pour la dernière version de Neumeier.

 

                                                 Marie-Françoise Christout

 

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22:53 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0)