241158

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/10/2019

"Poemacto" de Herberto Helder, traduit par Filipe Jarro

Je préfère devenir fou dans les couloirs cambrés
à présent sur les mots.
Je préfère chanter aux terrasses intérieures.
Parce qu'il y avait des escaliers et des femmes interrompues,
minées par l'intelligence.
Le corps sans rosaces, le langage
pour aimer et ruminer.
Le lait chantant.


A présent je plonge et je remonte comme un verre.
Je rapporte cette image de l'eau interne.
- Crayon du poème dissous dans le sens
premier du poème.
Ou bien le poème remontant le crayon,
traversant sa propre impulsion,
poème qui revient.
Tout se lève comme un clou,
comme un couteau levé.
Tout meurt son nom d'un autre nom.


Poème ne sortant pas du pouvoir de la folie.
Poème comme base inconcrète de création.
Ah, penser avec délicatesse,
imaginer avec férocité.
Car je suis une vie à la furibonde
mélancolie,
à la furibonde conception. Avec
un peu d'ironie furibonde.


Je suis une dévastation intelligente.
Aux marguerites fabuleuses.
L'or par-dessus.
L'aube ou la nuit triste jouées
à la trompette. Je suis
quelque chose d'audible, de sensible.
Un mouvement.
Chaise se concevant dans le bassin,
assise.
Ou fleurs buvant le vase.
Le silence structurel des fleurs.
Et la table dessous.
Rêvant.

Herberto Helder

 

La passion est la morale de la poésie : risquez votre tête si vous voulez comprendre ; risquez le corps, sa mesure, si vous avez l'intention de découvrir le centre du corps ; et, oui, risquez surtout votre nom personnel pour entendre ce nom de baptême en nom de la terre couronné. De sorte que ce pouvoir est celui de la passion même : personne ne s'aventure dans la poésie en collectionnant des objets - des statues, des statuettes ; des joyaux, il faut des joyaux vivants, des yeux de lionnes maternelles, d'insupportables choses qui vous contemplent, on meurt d'être contemplé ainsi. Et il faut alors une noblesse indicible, par exemple : regarder droit dans les yeux maternels, léonins, et nos yeux en ressortent calcinés - les Anciens connaissaient l'épisode : on disait que les dieux aveuglaient ceux qui les regardaient. C'est de cette noblesse dont je parle : comme si nous cessions d'être nous-mêmes, une sorte d'impassibilité pendant que nous nous aveuglons dans la forêt des lionnes.   Herberto Helder

16:35 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

25/10/2019

Corina Sbaffo, entre les bulles du dauphin

Corina Sbaffo Diérèse 75.jpg

08:18 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0)

22/10/2019

Mort d'un juré du prix Nobel de littérature Nils Göran David Malmqvist (1924-17/10/2019)

Éminent sinologue, Göran Malmqvist a été élu à l'Académie suédoise le 11 avril 1985 pour entrer officiellement en fonction le 20 décembre 1985. Il succède à l'historien de la littérature Henry Olsson. Après son élection, il écrit en 1995 une biographie remarquée sur son ancien professeur Bernhard Karlgren : Bernhard Karlgren – ett forskarporträtt (Bernhard Karlgren – Portrait d'un savant). Malmqvist suivit les pas de son maître par une approche phonétique classique de la sinologie, proche de l'époque des pionniers en la matière qui investissaient en Chine, entre 1910 et 1912, les champs d'une recherche dialectologique qui a tenté de reproduire les canons phoniques de l'ancien chinois. Au sein de l'Académie suédoise, il a participé par ailleurs grandement à la promotion de la littérature chinoise jusqu'alors ignorée. Sous son impulsion, deux prix Nobel de littérature sont décernés à des auteurs écrivant en mandarin : Gao Xingjian en 2000 (il avait depuis 1999 la nationalité française), dont il est le traducteur suédois et Mo Yan en 2012.

NILS GORAN BLOG.jpg