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12/09/2015

Lettres à Gaëlle XXIII

XXIII

 

Sur les cailloux lavés d'une pluie sortie du cercle du ciel
au coeur du grand sablier quand assis en silence
le monde qui nous porte est ouvert sa route tracée
d'où surgit le sens dissipe-toi sans façon
à l'oreille il susurre dans la chambre d'histoires
comme une feuille de papier glissée entre tes doigts


Et qu'importait mon rêve figure d'or coiffe d'azur
qu'il fût par les feux du jour jeté aux quatre vents
dans le lent tournoiement d'invisibles courants
l'été aura grandi sur le mur pignon une pie parle là
deux s'envolent est-ce pour cela qu'obstinément
tu fixes les nuages et ceux venus doucement


se poser sur le balcon sont pointes de lumière
derrière le rideau une fenêtre d'images
sans rien d'autre pour leur prêter vie
que les yeux de l'enfance aussi vastes


que le Dehors ses codes et ses blessures
seront les plis de ce vieux châle
tissé par les nuées comme la plus grande vérité
qu'il nous soit donné d'atteindre fascinante


                                     Daniel Martinez

23:27 Publié dans Eden | Lien permanent | Commentaires (0)

02/09/2015

Lettres à Gaëlle XXII

 XXII

 

Le paysage lavé de ses ombres
où respire l'espace arches et coupoles
passent ainsi dans la blancheur initiale
ce jour-là nous a choisis
comme tendre glaise envoûtée
par les bruits légers qui se donnent
roues feutrées la clématite a suspendu
ses clochettes dans la poussière
qui aimerait fleurir


Au centre de ta voix l'été paraît
le primat d'un absolu de l'instant
tout chargé d'une attente
qui semble avoir été créée à notre soif
dans un émail de couleurs chaudes et froides
conjuguées aux énigmes à la sueur éternelle
cela se sait cela se tait
dans la transparence des cils


Chardon mauve près du bassin
il te fait signe et la moindre pierre
dans le second ciel s'extrait de la moelle terrestre
cette nuit tu rêvais et je t'entendais rire
au-delà de nous-mêmes
dans la braise verte où courait
cette contrée du manque
greffée dans l'ouverture de nos yeux
c'est bien toi qui pousses la porte et t'avances



S'il suffisait d'un sourire
pour éclipser l'obscur sinon ce qui suppure
des moellons parcourus de laurier-rose
pour qu'affleure sur les parois
un ancien revêtement oublié depuis lors
des images imprécises dansent à l'étage
entre les baies grandes ouvertes
l'abeille virevolte prise en ce jeu de miroir
où s'échine la lumière immense.


                                                Daniel Martinez

12:01 Publié dans Eden | Lien permanent | Commentaires (0)

23/08/2015

Lettres à Gaëlle XXII

XXII

 

Un grillon chante à l'entrée de la demeure
dans la savante dissymétrie des plantes des arbustes
et des rosiers grimpants la robe de Gaëlle se confond
avec ces fleurs que je vois libres d'exister
avec la lumière touchant d'écume l'après-midi
où bouge une branche puis l'autre un rythme venu de loin


Quelqu'un monte l'escalier une porte s'ouvre se ferme
comme l'éventail au dessin japonais
où tu te vois paraître mais à cet instant précis
quel est donc le sens des signes
les marches de marbre bougent doucement
une chevelure un bras une ombre mobile


et des mains d'or qui effleurent le crépi du mur
remontent la rampe estompent la rumeur du monde
le silence comme un grand linge mouillé sur l'étendoir
à deux pas de ta couche où dorment paisibles
sous la paupière les gouttes noires des iris
tandis qu'au loin s'en vont les jours


la mémoire s'entr'ouvre bruisse le temps
telle phrase muette arrêtée sur les lèvres
sur l'orangé des parois

où s'insinue le dieu silencieux
éclaboussant la page de gouttes claires


d'un entracte propice aux évasions de toutes sortes
l'âme perdue entend toujours ce qu'on lui chante
elle respire l'imperceptible odeur de feu sur les carreaux
de la cuisine où mûrissent des pêches brodées de sang
des images errantes son corps sa présence

                                                  Daniel Martinez

01:10 Publié dans Eden | Lien permanent | Commentaires (0)