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11/12/2015

Lettres à Gaëlle XXV

XXV


Sur l'herbe du champ verte encore malgré la saison
des mouettes paressent nous entendons leurs cris
et le petit lac tout proche fait au passage frémir
quelques grèbes dont garde trace cette foule


insensée des nuages, la bouche bleue du bosquet
que tu ouvres des doigts comme le coeur de la terre
avec les troncs blancs des bouleaux nus
et le sentiment de son élection qu'engendre la beauté


quand elle vous est offerte sans crier gare
au détour des minutes arrachées au temps
où tout là-bas est offrande sous le vent
qui fait glisser lentement l'écho de nos pas


parmi les lignes des labours pétrifiés
de l'autre côté de la départementale.
Dans un semis de taches rousses
le présent acquiert l'épaisseur du passé


ainsi nous voyageons dans notre histoire
la main que je te donne échappe tout à fait
à ton âge, Gaëlle aux yeux sombres
sous les masses bruissantes délicieusement confiants


                                                        Daniel Martinez

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10/12/2015

Lettres à Gaëlle XXIV

XXIV


La nymphe de pierre s'est écaillée l'éternité seule fait le lien
un oiseau parle, puis deux, ils puisent dans ton visage
le silence que l'aquilon sème dans l'herbe aux boutons d'or
et qui saura donner à ton corps


la légèreté appropriée à ce voyage
respirant et docile comme si tu interrogeais
le dénuement de mes heures lentes
livrées au monde, à l'insecte claudiquant


qui troue le réel pour arracher ce qu'il peut
à l'inerte éconduit par les premières heures du jour
un tisserin frappe de son bec les tuiles,
la chambre est encore plongée dans l'obscur.


Aux frissons coulis du froid tes yeux clos
reconnaissent les tresses d'un dernier rêve
compliquées des plus petites coulisses de la lumière
la route est là ses épaules glacées


vois comme elle est longue comme elle dessille
l'oeil à ce qui vient, à l'espace tolérable
marqué par les nervures des mains
et les pieux noirs des clôtures


entends la menue monnaie des mots
ainsi qu'une volée de pies dans l'inextricable monde
la coulée du ciel corolles dentelles pétales
presqu'un battement d'ailes dans la poitrine.


                                           Daniel Martinez

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26/09/2015

Lettres à Gaëlle XXIII

XXIII


Comme tes cheveux parfois les nuages dissimulent
les ailes de moulins dégingandés
tôt le matin dans la campagne
sous le ciel où le vent jusqu'au fond du monde
mange l'âme qui n'est après tout qu'un ailleurs

où puiser une autre vie demi-lune de sable
tu la regardes émergeant de leurs remous tourbillonnants
nuages après nuages lorsque ma main tremble
noire d'hirondelles frémissantes lancées
entre les pensées complexes inlassablement

les murmurantes diaprures où nous progressons
qui ne vivons que d'images
pour nous soustraire à l'abîme
une orfraie aux yeux de verre
dort dans la grande armoire


que tu ne sais ouvrir entends ma belle se défaire
le roulement d'un train dans le lointain
quand la plus petite parole prononcée la tienne
fait sens dans la profondeur de l'univers
entre les gouttes de soleil des bourgeons aperçus


                                               
Daniel Martinez

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