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04/01/2015

Lettres à Gaëlle X

X

Torsades que filent les doigts
lions dragons et oiseaux
jaspe rouge aux yeux clos

j'écoute la nuit
graver ses premières voyelles

l'épuisette à papillons
dormir dans la chambre haute
et l'image du roitelet frémir sur le luminaire
 
du grand portail de pierre rousse

De forme en forme
une lumière caravagesque dépose
sur la machinerie des mains du cou
ses tissus soyeux

Mieux vaut-il un poème
au parfum doux de pomme mûre
que l'étoffe exotique
à taches de couleurs vives

ou bien encore
avec la mousse délivrée des premiers mots
les flammes plus lumineuses
dans l'âtre où brûle un bois si rouge
qu'on le dirait pétales de bougainvillée

rêve de pluie sur le blé en herbe
carnations limoneuses chimères
sur la rétine gravée des Indes

Le noir est-il plus clair
que le commun de l'eau

plus vif que le souffle
de deux trains qui se croisent
le froid cinglant et la chaleur subite
roulant dans les oreilles
puis laissant le désert

                           Daniel Martinez

12:00 Publié dans Eden | Lien permanent | Commentaires (0)

07/12/2014

Poèmes à Gaëlle IX

X

Il a neigé doucement dans la nuit
de petites touches sucrées caressaient la vitre
et le cœur du paysage tel un astre
fermait les yeux j’entendais son souffle
contre mon épaule


à la croisée des incertitudes
tout est là qui fait signe
la chimère a dissipé dans l’air
le chuintement des étoiles
à la surface en profondeur


elle pousse près dedans
la forêt toute proche
s’étire et file un train là-bas
dans le vide sidéral
loin de nous qui résonne


un enfant dans son sommeil se voit
devenir parmi les notes expirées
cette présence absolue
ici même pour toujours régnante
comme un instant de la terre paraît
multiplier la vie de chacun en l’autre


et sous le moindre toucher il y a
ces ombres sur lesquelles
nous avons marché
dans des temps reculés
qui sont ceux des origines


car éternels la chronique et le lieu
de la parole que tu me donnes
et me reprends et me réaccordes
ici pour toujours
cet autre que tu as suscité


en de nouvelles concordances
ma demeure l'arcadie de tes mains

                                          Daniel Martinez

Les poèmes à Gaëlle sont regroupés dans la rubrique "Eden"

20:32 Publié dans Eden | Lien permanent | Commentaires (0)

27/09/2014

Poèmes à Gaëlle IX

IX

 

Aux hautes heures de la nuit

alors qu'il pleuvait, qu'il grêlait même

comme le vent sur la croisée

donnait à chaque goutte un son distinct

nos deux chaises paillées

veillaient dans la petite pièce

cette ombre bleutée venue

se loger à son tour en nos yeux.

 

Depuis la grotte de ton ventre

vinrent ses premières poussées

Gaëlle attendait son heure

impatiente, n'ignorant pas

que nous allions l'appeler

dans la langue pure de Li Po :

"celle qui vient avec la pluie".

 

Mille regards translucides l'accompagnaient

dans sa quête, ici, très loin

espérant avec elle

l'Instant de la libération

la silencieuse paix du ravissement

pour clamer l'immanence au monde.

 

En bordure du Roji

ces "pierres d'atout" furent

caillots de ton sang versé, Mei,

pour que naisse notre enfant

par les chemins du monde

avec les arabesques des pluviers dans l'empyrée

et les vols d'oies au long cours.

                                                      Daniel Martinez
                                                                          (27/9/14)

* Les précédents "Poèmes à Gaëlle", les VII et VIII, sont en date du 28/8.

11:31 Publié dans Eden | Lien permanent | Commentaires (0)