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25/06/2014

Poèmes à Gaëlle II

       II

       Les yeux mis-clos le coeur battant

       et ce petit quelque chose qui s'échevèle      

       à l'ombre des hauts conifères

       un souffle infus, jusqu'à la lisière avec en contrebas   

       la lande bossuée ses haillons d'ailes

       au fil desquelles renaissent de leur feu

       l'une ou l'autre de ces phrases aimées

       qui nous font vivre, trament le monde.

 

       Dans l'espace d'un regard

       l'aura de l'amandier en fleurs :

        alors, tout alentour semble

       s'effacer à mesure, dans un présent perpétuel.

       D'un blanc rose, les doigts comme gouttes d'eau      

       traversées de lumière touchent l'air

       devenu palpable, une phrase

       en sa délicate alchimie

       fait au-dedans son chemin.

 

       Omnes appetitum appetitur

       sub specie boni, disent les Latins

       oui, tout ce qui est désiré l'est

       sous l'angle du bien.

       Cet adage de la théologie médiévale

       a plongé mon esprit ce matin

       dans l'eau verticale du Miroir.

                                           Daniel Martinez (26/6/14)

12:23 Publié dans Eden | Lien permanent | Commentaires (0)

22/06/2014

Poèmes à Gaëlle

Sa bouche qui ne souffle mot qui vaille 

est une offrande à la beauté pure,

aux chuchots des épicéas près de l'onde où celle

qui lui a donné le jour ce dix juin

 

ouvre vingt virelais de nacre

la comblant du lait qu’elle pressent

passe-velours auquel rien ne défaut.

Mêlant mes gestes et ma pensée

 

dans le ciel les lignes de ses doigts

silhouettent les premiers instants du monde

griffés de la sève des lys verts hâlés

jusque sur ma feuille, un sentier là-haut court

 

on ne sait trop où, et le temps sans mesure s’offre

à elle qui dans mes bras s’endort

comme à plaisir s'enfièvre le couchant

çà et là en ces lieux villageois.

                                                Daniel Martinez (23/6/14)

23:59 Publié dans Eden | Lien permanent | Commentaires (0)

17/06/2014

En deux syllabes

                        Le temps des yeux

                                 à mei & à gaëlle : notre enfant de coeur

 

     Mandala de sable

     où les palais des divinités

     fleurissent à l'instar

     d'anémones solaires

 

     Ici soient préservées les images

     de la pensée substancielle

     innervées par le tissu de la voile

     grandement déployée

 

     Si sensible la vision de ce champ

     qui s'étend hors du monde

     iris jaunes et jeux de la foudre

     après la première systole

 

     Terrasses et jardins miroitements

     pour libérer l'exigence

     de dire ce que nous sentons offert     

     à la nudité du vivre invisible et doux

                                                 Daniel Martinez

18:44 Publié dans Eden | Lien permanent | Commentaires (0)