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26/10/2016

La préparation du numéro 69 de Diérèse

& Des poèmes inédits d'Hélène Mohone paraîtront in Diérèse opus 69 &

    Le caillou serait dans la main, tiendrait chaud, donnerait soif, caresserait la paume et toute la peau aussi.
    Il serait loin de son histoire et tout caché entre les doigts.
    Il dirait, porté à l’oreille, un chant de nautile, un souvenir de conque rousse à voile flamboyante, pirogue en baie d’Oro.
    En suçant le caillou, on deviendrait bleu et couleur blanche des éblouissements, ocré des terres ferrugineuses et petit poisson entre les coraux.
    
On deviendrait le dieu Téâ Kanaké*, l’homme lézard tombé de la lune, sorti des entrailles du banian, éclaboussé des langues vivaces du Pacifique...

 

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*A l'aube du monde, la lune dépose sa dent sur un rocher qui émerge de l'océan des origines. Sous l'effet de ses rayons, la dent se décompose. Apparaissent alors les premiers êtres vivants. Ceux qui restent sur le rocher se transforment en lézards, ceux qui glissent dans l'eau deviennent anguilles et serpents. De ces êtres primordiaux naît Téâ Kanaké.

 

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La légende de Téâ Kanaké
Centre culturel Jean-Marie Tjibaou, Nouméa

24/10/2016

La préparation du numéro 69 de Diérèse

Marc Tison sera présent in Diérèse opus 69

 

J’ai freiné.
J’ai freiné doucement. C’est mieux que de freiner sévèrement ou à fond. Parce que j’ai freiné, ralenti, pour lever la tête aux étoiles. Pour ralentir la machine. Ça ne peut pas être violemment, sévèrement, à fond les pédales. C’est doux, gentil, câlin. Ça ne blesse personne et encore moins nos toutes petites toutes fragiles personnes.
J’ai freiné doucement gentiment et j’ai donc levé la tête et regardé au ciel puis les étoiles.
Je ne me suis pas arrêté. C’est une bonne façon d’avancer...

23/10/2016

La préparation du numéro 69 de Diérèse

Michel André Chappuis sera présent in Diérèse opus 69

Le hasard prisonnier

 

On peut commencer par dire la peur, la nôtre, celle du vide, de l’inconnu, celle qui nous étreint à l’évocation de ces territoires de l’insaisissable où le hasard règne en maître. C’est elle qui nous pousse à vouloir tout comprendre et tout expliquer, à hérisser les landes brumeuses du pourquoi de barrières, de murs, de chemins, de balises ou de phares, d’abris, de ponts, de digues, à en aplanir chaque irrégularité, à en assécher chaque fondrière de manière à pouvoir s’y risquer sans risque. Car il s’agit de notre sécurité, je crois bien, en tout cas de notre confort. Il est tellement plus rassurant pour nous, en effet, de regarder passer les astres maintenant que nous sommes capables de calculer leurs trajectoires, et de les prévoir pour les siècles à venir, maintenant que nous savons pour les comètes et qu’il n’y a dans une éclipse plus rien qui puisse nous surprendre.  Et c’est encore cette même raison qui a raison de tout qui voudrait faire de nous les produits de certains paramètres (établis et mesurables, au premier plan desquels bien entendu notre capital génétique et l’endroit où nous sommes nés), et ainsi nous maintenir dans une logique dont nous ne devrions pas nous dérouter, de telle sorte que nous soyons en fin de compte qui nous devons être, et personne d’autre...