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19/07/2015

Vittorio Sereni (1913-1983) traduit par Jean Rousselot

Diane


Ton ciel d'autrefois revient
Sur les belvédères de Lombardie.
Il s'amasse en touffeurs nuageuses
Et de tes yeux exilant tout azur
Il se recueille et se repose.


L'eau fraîche reviendra pourtant
Avec le vent qui se lève sur les canaux,
Avec le ciel
Qui s'étire vers le lointain le long des rives.


Reviens-tu toi aussi, Diane,
Entre les tables dressées en plein air
Parmi les gens qui boivent, attentifs,
Sous la lune lointaine ?


Un orchestre bourdonne en sourdine ;
Dans l'ariette qui s'en échappe
Je reconnais ton passage onduleux.


Dans le soir, ton nom fier s'adoucit
Si quelqu'un le murmure
Sur tes traces.


Le mois de juin s'en vient bientôt
Avec l'aride fleur du sommeil
Eclose aux plus tristes faubourgs.


Et le chant, mon amie, qui fut le tien sur terre
Se remet à faire mal
Comme une haleine qui court sur la mémoire,
Et à te reprocher la mort.

                        Vittorio Sereni traduit par
                                            Jean Rousselot

14/06/2015

Poème du jour : Milo de Angelis (né à Milan en 1951)

 ON VERRA DIMANCHE

Milan n'était qu'asphalte, asphalte liquéfiée. Dans le désert
d'un jardin il y eut la caresse, la pénombre
adoucie envahissant les feuilles, heure sans jugement,
espace absolu d'une larme. Un instant
en équilibre entre deux noms avança vers nous,
se fit lumineux, se posa en respirant sur la poitrine,
sur la grande présence inconnue. Mourir fut
cet émiettement des lignes, nous là et le geste partout,
nous dispersés dans les suprêmes tensions de l'été,
nous entre les os et l'essence de la terre.

                               Milo de Angeli
                              
trad. Patrizia Atzei et Benoît Casas

                               in Thème de l'adieu, © éd. Nous, 2010

14/04/2015

Francesco Marotta

Francesco Marotta est né à Nocera Inferiore, dans la province de Salerne en 1954.                                

Il vit dans la province de Milan, où il enseigne la philosophie et l’histoire. Ses textes et ses traductions ont été publiés dans des revues telles que Alla Bottega,  Portofranco, Anterem, Convergenze, Il Segnale. Parmi ses recueils figurent Le Guide del Tramonto (Firenze, 1986) ; Memoria delle Meridiane (Brindisi, 1988) ; Giorni come pietre (Ragusa, 1989) ; Alfabeti di Esilio (Torino, 1990) ; Il Verbo dei Silenzi (Venezia, 1991) ; Postludium (Verona, 2003) ; Per soglie d’increato (Bologna, 2006) ; Hairesis (Milano, 2007) ; Inpronte sull’acqua (Sasso Marconi, 2008) ; Esilio di voce (Messina, 2011), Diérèse. En anthologies il a fait paraître Creature di rogo (1995) et Notizie della Fenice (1996).

Ses textes ont été traduits en allemand, par Stefanie Golisch, en albanais, par Gezim Hajdari, en  français et en espagnol. Ses contributions critiques (notes, recensions, préfaces, essais) sur des auteurs contemporains (Bonnefoy, Neri, Cepollaro, etc.) figurent sur la toile ou sur son blog. Il gère l’espace web : http://rebstein.wordpress.com

* * * * 

 

Rovi di fuoco
a macerare resine acquose
di pupille.

 
Il giorno equinoziale
si leva nell’orbita delle formiche alate.

Avvolge nel marmo di una calura assente
(schegge di memoria
a cementare pietra su pietra)

le lune opalescenti
ferme nel portico dei nostri sguardi.

Negata alle labbra la parola
che renda l’ombra specchio

per intrecciare lumi

per svelare gli orizzonti
dove precipita la notte

– dove dio è una sillaba
esplosa dal silenzio.

                 Francesco Marotta

 

Entre pupille et langue

Ronces de feu
pour macérer des résines aqueuses
de pupilles.

Le jour de l’équinoxe
se lève dans l’orbite des fourmis ailées.

Il  enroule dans le marbre d’une fournaise absente
(éclats de mémoire
pour cimenter pierre sur pierre)

les lunes opalescentes
fixées dans le portique de nos  regards.

Nié sur les lèvres le mot
qui  rend l’ombre miroir

pour entrelacer des lumières

voiler les horizons
où  s’abîme la nuit

– ou  dieu  est  une syllabe
explosée  du silence.

                          Trad. Raymond Farina