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21/02/2016

Zéno Bianu, "Je saisis le ciel"

Présent dans le numéro 46 de Diérèse, Zéno Bianu a écrit ces quelques vers sur une photographie du poète et photographe Joël Leick ; et la commente ici pour nous :

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13:47 Publié dans Arts, Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

15/02/2016

A Raymond, à la vie qui court et à ce que nous en retenons

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"Celui qui n'a pas de lieu fait de son désir d'en avoir un son vrai lieu"
Edmond Jabès

11:46 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0)

03/01/2016

Joan Mitchell opus 1

         "Quand je travaille, je ne suis consciente que de la toile et de ce qu'elle me dit. Je ne suis certainement pas consciente de moi-même. Peindre est une manière de s'oublier. Parfois je suis totalement prise. C'est comme faire de la bicyclette sans les mains. Ca n'arrive pas souvent. J'espère toujours que ça va recommencer." Ainsi Joan Mitchell (1925-1992) s'expliquait-elle sur son oeuvre - quand elle acceptait de répondre à une question, ce qui n'était pas dans ses habitudes.

L'explication est elliptique et ne peut que l'être, tant il était clair pour l'artiste qu'en dire plus eût été tricher et prétendre  analyser un événement par nature incompréhensible et imprévisible, l'apparition d'un tableau. Là-dessus, Joan Mitchell n'a jamais varié : elle refusait les règles, elle ne croyait pas aux méthodes, elle avait en horreur les systèmes et les catégories. A l'en croire, la peinture "venait" ou ne "venait" pas - voilà tout. Il y avait des jours où elle avançait comme d'elle-même et d'autres où il ne se passait rien, où il ne pouvait rien se passer, où insister aurait été désastreux.

L'expressionnisme abstrait dont elle est issue l'a convaincue de cela, que l'art et la beauté sont libres ou ne sont pas, qu'il n'y a pas de vertu préférable à la liberté dans l'atelier et hors de l'atelier. Loin des académismes, puisque jamais, résolument, Joan Mitchell n'a accepté quelque forme que ce soit d'aliénation sociale ou intellectuelle.

Cette résolution, que bien des signes avaient cependant précédée, Joan Mitchell l'a faite sienne définitivement en 1950, alors qu'elle a 24 ans. Jusque-là, elle avait été la petite fille douée d'une famille bourgeoise et lettrée de Chicago, une brillante élève de l'Art Institute, une jeune voyageuse qui parcourt la France. Mais, en 1950, elle s'établit à New York, rencontre De Kooning et Kline et se fait admettre à l'Artist's Club, lieu essentiel de la discussion et de l'expérimentation esthétique. Là viennent Motherwell et Rauschenberg - tout juste débutant - et de temps en temps Pollock, un poète tel Frank O'Hara, un critique comme Tom Hess. Là s'entendent les aphorismes de De Kooning, qui rejette toute classification, toute appellation - y compris expressionnisme abstrait - et déclare qu'en art une idée en vaut une autre. Là encore, elle vérifie par l'expérience que la peinture ne saurait vivre à l'écart et qu'elle doit, à l'inverse, prospérer au voisinage des écrivains.

Les premières grandes toiles apparaissent dans la seconde moitié des années 50. Le geste papillonne, volète, tournoie, écrase des touches épaisses, trace de entrecroisements, fend et déchire les surfaces. Le format grandit, en longueur plus souvent qu'en hauteur, diptyques et triptyques prolifèrent, le chromatisme accepte des nuances de plus en plus nombreuses, la présence physique du peintre s'impose avec une évidence croissante et l'oeuvre conserve les stigmates de la lutte contre la matière, sur fond de vide lumineux.

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                                                                                                  Philippe Dagen

11:39 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0)