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19/07/2015

Nicolas de Staël, suite

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Lorsque je constate que le temps a détruit la jeunesse de mon visage ; qu'à l'exception de la maladie, plus rien ne le sépare à présent de l'état de charpie à quoi fut réduit celui de ma mère avant de mourir ; qu'en outre je suis face à la toile de quatre mètres sur six appelée Le Concert que laissa inachevée Nicolas de Staël : la violence de ses empâtements qui ne transposent pas, non, les vagues de la Méditerranée qui viennent battre au pied de son immense cadre (dans la nuit du 16 mars 1955, Staël ne s'est pas défenestré, il s'est décadré) ; lorsque j'éprouve au fur et à mesure de la vision et de mon angoisse l'intervalle qui se creuse entre le "prélude flasque" à ma mort et l'intensité dormante du rouge vermillon de la toile - je sais ce que signifie la préposition "entre", et que cela n'a plus rien à voir avec l'idée de liens, de relations ou de politique, de l'immonde vivre ensemble.

                                                                                           Jacques Sicard

11:06 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0)

01/07/2015

"La citadelle oubliée"

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Château rouge

Au crépuscule quand tout se tait
il reste comme mémoire de l'humanité
le coeur des pierres qui continue de battre
comme si le jour ne faisait qu'un
avec la nuit qui s'annonce
la montagne se recueille le chant de quelqu'oiseau
perdu entre les nuées transperce le silence qui se fait
ma vie ainsi va inépuisable se confondre
avec la lumière qui paraît puis se dissipe
vois cette main de chaux sur la fenêtre aveugle

                              Daniel Martinez

00:15 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0)

10/06/2015

Shirley Carcassonne opus 3

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Shirley Carcassonne, dessin à la plume, 2010

 

En revenant sur ses pas, on entendait les clochettes des grillons consteller l'atmosphère. Ce n'étaient pas ces notes sifflantes qui s'embrasent dans une plainte continuelle, mais un délicat tintement accompagnant la fraîcheur toute relative qui peu à peu envahissait les terres.
Les broussailles froissées, traversées à grandes enjambées, chuchotaient à l'oreille. Ainsi de l'enfance, ainsi du désir qui est la recherche du déjà vécu. Une sorte de commune union avec la nature, l'invisible membrane sous laquelle se voile son corps. Le poème est un appel à ces reflets danseurs qui nous modèlent l'âme et tracent dans l'obscur de nos sensations enfouies, dans le dédale des filins qui nous composent, des lignes de lumière, un regard sur le regard, pris dans l'universel.
Cette quête est infinie, sous le temps-sablier, grain à grain, depuis le premier pas jusqu'au dernier souffle. La première et ultime interpellation. Il me souvient encore : Cybrélis, l'aïeul attentionné, qui sous l'aiguille du gramophone me passait les tangos de son temps, de vieilles rengaines nasillardes. Ses syllabes me sont restées en gorge.
Et qu'est-ce, le monde, si ce n'est, à la limite de nos pas, entre les cheminements de la pensée, que l'approbation fascinée des images qu'il nous envoie, par-delà les sphères, par-delà nos vies, nos questionnements amoureux, et qui scande notre impatience à le connaître mieux ? L'homme se construit des miroirs pour être, il s'y perd, s'y retrouve. Ce sont reflets de reflets auxquels se reporter, toujours. "Tu portes dans ton coeur tout le passé du monde." (O. V. de L. Milosz)

                                                                                               Daniel Martinez

23:14 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0)