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10/03/2015

Des oeuvres inédites de Pascal Ulrich

Pour la sortie du "Journal en noir" dont je vous ai parlé, j'ai plaisir à vous donner à voir des oeuvres du talentueux plasticien que fut Pascal Ulrich, nullement préoccupé par la (res)semblance, le vrai si vous préférez, mais, un peu à la manière d'un Artaud ou d'un Michaux, par l'écho que suscite le portrait dans l'oeil interne, par ce "tremblement en transparence" pour reprendre les termes d'un Giorgio Caproni.
Oeuvre de jeunesse (31 x 24 cm), on peut la rattacher à l'Art brut. Fauves, les couleurs laissent filtrer certaine transparence du fond, comme si l'enveloppe charnelle ne faisait que se dessiner sur l'espace environnant, lui conférant par là-même une certaine évanescence. La tête décentrée, pour marquer possiblement l'écart (avec le monde et ses puissances mortifères). Il y a de la sphinge aussi sous ce visage peint, un auto-portrait ?, certes pas...
Car le Sphinx est celui qui pose les questions : et le passage ouvert dans la partie gauche du tableau n'est possible que si la réponse du voyageur est correcte, sinon la dévoration suit. C'est ce péril que Pascal porte ici en scène, sans souci de l'allure ni du beau académique ; on sait que la société a fini par le dévorer, jusqu'aux entrailles. L'espace est restreint, l'homme est face à lui-même, dans sa solitude foncière face à l'Epreuve. La grande épreuve de la vie. DM

 

ULRICH 23.jpg

Du signe sur la pierre
à la main de rosée
là où glissent les vents
et les graines ailées
clés pour le silence
tout contre qui
porte le vide
à toi de nommer l'abeille
et les confins de l'être

DM

 

04/02/2015

Dernières nouvelles de Michel-Ange

Le saviez-vous ? Deux statues en bronze, dont l'auteur n'avait pas été jusque-là identifié, sont en fait des oeuvres de Michel-Ange. C'est ce qu'ont annoncé le 2 février des chercheurs d'une équipe internationale dirigée par l'université de Cambridge et le Fitzwilliam Museum, musée où les sculptures vont être exposées jusqu'en août 2015.

Baptisées Bacchants chevauchant des panthères, ces statues d'un mètre de haut représentent deux hommes nus, un jeune et l'autre plus âgé, chevauchant triomphalement des panthères, un bras levé vers le ciel.

Vous avez projet d'y aller, affaire entendue. L'adresse à retenir : Trumpington Street, Cambridge CB2 1RB. Téléphone : 01223 332900

16:18 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0)

06/01/2015

Le peintre et poète Gaetano Persechini

Vous laisser (re)découvrir aujourd'hui un plasticien, Gaetano Persechini, qui a réalisé la première de couverture de Diérèse opus 56 ; en vous invitant à consulter au plus vite son blog :
http://gaetano.centerblog.net
Un peintre mais aussi un poète, que connaissent les lecteurs de Diérèse, il est présent dans le numéro 63, par exemple, dernier numéro paru à ce jour.

Les textes qui suivent sont extraits de ses Notes d'atelier 2014 :


Le temps qu’il faut pour faire monter du fond les premières couleurs. Le temps qu’il faut pour poser la première couleur. Et celui qu’il faut ensuite pour recouvrir, enfouir. Pour aller vers une autre image peut-être.
Dans l’atelier, des objets, les mêmes pinceaux depuis presque trente ans et un désordre d’outils, de vieux journaux, de chiffons maculés, de carnets, de tubes et pots de peintures accompagnent les gestes et la pensée.
Rien, dans cet instant, ne sera plus comme avant. C’est toujours un recommencement. Et une lenteur, qui m’est nécessaire, qui m’aide à résister.
Les premières touches de couleurs me diront un peu, discrètement, ce qu’il en sera peut-être de la suite. Des indications, même si tout reste à découvrir. Avec l’expérience, on sait lire cela, et c’est contre cela aussi qu’il faut aller. Vaincre l’habitude, ne pas se laisser enfermer dans un système, dans un savoir.
La sensation me guide ; la suivre, jusqu’à un épuisement heureux du corps.
Cela peut prendre des heures, ou plusieurs jours, ou bien aller très vite. Rien n’est défini à l’avance. La peinture et son aventure, un feu qui brûle en moi.

  

*

 

Débâcle d’encre

Qui témoigne de l’image

Et du paradoxe sous l’ombre

 

Cet étrange un signe levé

Vers l’infini d’un chant de solitude

 

Couleur incarnée terre front du jaune

Jardin forme grise

Ebauche

Qui nous relie au temps et à la nature

 

C’est l’attente

D’une pensée égarée

Conversation muette

Entre joie et désespoir

Un courant d’âme clair

Vers l’émerveillement

  

 

*

 

 

Retour au jardin l’été. Poussière, pierres brûlantes, terre durcie par la chaleur, fleurs séchées.

Je me réfugie au jardin et ce sont ces heures calmes d'attente, d'écoute et de lecture entre deux arbres, qui entraînent mes pensées loin d'ici et d'un ciel bleu abîmé, cherchant du regard vers le sud les terrasses ensoleillées, les routes sinueuses entre les montagnes, les fenêtres ouvertes sur la nuit et l'été, le tremblement de la lumière sur les collines silencieuses.

Ce qu'on apprend à voir, et ce qu'on retient, ce qui travaille en nous. Ces instants qui sur le moment paraissent insignifiants ; ils reviennent nous visiter. C'est cette durée, dans la douceur du sommeil, qui palpite dans mes rêves.

Je porte en moi l'écriture de ces sensations. Le rôle de la peinture est aussi de les amener à se révéler.

Je ne cherche jamais à préciser les objets ou le paysage. Ce qui compte plus que tout c'est l'émotion. Et l'émotion de l'instant...

Je me revois un après-midi à Gaeta, piazza Trieste, marchant dans les rues vides tout autour. Forte chaleur. J'avance lentement. La mer est derrière moi. Les montagnes sont là. Rassurantes. Brûlées de soleil. Tout à coup cette paix qui m'envahit, la sensation que rien dans cet instant ne peut m'apporter plus.

Ni seul ni abandonné. Conscient de ce tout petit bout de bonheur offert, lumière intense, vibrations des couleurs et de l'air en moi, ce qui murmure à voix basse dans mon corps quelque peu fatigué par la chaleur mais présent, disponible, réceptif au moindre souffle de vie qui émane de tout ce qui m'entoure.

 

                                                                                      Gaetano Persechini

 


Pour Gaetano Persechini, "la peinture est un éternel recommencement" ; et ce qu'il nomme "notes d'atelier" sont des réflexions, des impressions, des sensations, (qui deviennent parfois poèmes) qu'il saisit à l'atelier, dans l'instant.
Mais, le plus souvent, ces notes (qu'il retravaille) lui viennent à tout moment, en marchant, dans le train, ou simplement dans les temps d'attente, de méditation, de concentration...
 

15:15 Publié dans Arts, Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)