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18/06/2015

Le poème du jour : Marc Baumann

Itinérances

     L'humus inaccessible, et les semences léguées à des fleuves archaïques, à des fleuves en allés par des voies qu'ils se donnent
     vers ce qu'une hirondelle, ô africaine, appelle le destin,

     le coeur irrécusé,

     l'hoplite des remords,

     le corps de nos chagrins,

     des adolescents
     dépecés au sortir de leur plus pure nuit,

     des enfants tyrannisés par ce que dit la colombe,
     et qui rêvent de couteaux,

     le réveil des barbaries
     en des soubresauts plus que confiants,

     la férule
     dérisoire au lieu même où s'émancipent des énergies crépusculaires,

     l'abdication du désir devant le plus grand nombre,

     la saxifrage subreptice,

     les grandes migrations
     de nos espoirs vers ces matins où l'imaginaire et le possible, plutôt que de s'exclure, s'exaltent en des cités itinérantes,

     l'apitoiement de la cognée,

     les insoumissions de la terre,

     le flamboiement
     tardif de nos idées de mort,

     le narcotique du hasard, et les fulgurances de l'aléatoire,

     l'indifférence des abeilles pour la beauté qui nous tourmente...

    
                                                     Marc Baumann

14:26 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

17/06/2015

Poème du jour : "La distance effacée"

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La distance effacée

                                  à Pascal Carpentier

Vieux verrous couverts d'ombre
                vieilles lunes porteuses

                          ô le vent
                    levé à l'improviste

      et les dieux claudiquant
      qu'englobe leur ombre
dans l'extrême simplicité
      des commencements

                               toutes ces ramifications
                               creusées en écriture
de la dure-mère à la pie-mère
mal arrachées au sommeil
                               à la coupe du Léthé

Oui ils chantent aujourd'hui ces vers
quand assis sur l'appui de la fenêtre

                    je guette encore l'ombre blanche
                               de grands arbres
                               brillant en silence

les immobiles jubilations du seringa
qui chaque printemps envahit

                               l'espace alentour
                               tant usé des yeux

qu'il retombe en pluie
éclaboussant tes épaules

                               et le chemin long
                               menant à la demeure

                           La Varenne, le 05/5/01
                           Daniel Martinez

11:19 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

30/03/2015

Chemins de traverse

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Pascal Jaugeon

 

Ombre dis-nous tes secrets
la paix a un visage

Et les mots d'hier et d'aujourd'hui
qu'ils donnent du fruit
aux contre-hachures de l'âtre

quand brille le feu des mains
où s'écrivent nos jours


aux rouleaux de parchemin
posés sur la grande table de merisier
à la plume qui en pique la surface

pour y graver la langue du jour
y loger ces brindilles et cailloux
tombés du marronnier


et glisser sur la pente

jusques aux lignes de l'Issole
bordée de vergers
rivière rivière dis-moi ton nom
de plus près que j'entende
le sang progresser dans tes veines


bleu de l'eau, chuchotis à l'oreille
ombre dis-nous tes secrets

                            Daniel Martinez

11:58 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)