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06/01/2016

Le poème du jour, de Marc Le Bot (1921-2001)

MARC LE BOT.jpg

Donne le nom des nuits


     Le sang des eaux, des sables, des vents,
la nuit est son drap noir. Eux coulent
au mitan de la couche.
     Les grattements d'insectes notent leur
temps : leur temps est ce sang-là, aux tempes.


     Le nom de la nuit est le sang noir.
La nuit du corps interne boit à la creuse,
à ses ombres.
     Le sel, dissous à l'eau des yeux, aveugle.
La langue en lèche le goût amer.


     La nuit noire de sable, de vents, de
mer, partage les couches des eaux vertes.
     Les bouches d'odeur ont des dents de
pierre. Les pierres font le partage des eaux
amères.


     La nuit se perd en vent, en eaux, en sable.
     L'esprit, s'il veille, éveille les lampes.
La nuit est la lisière.


                                Marc Le Bot

14:04 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

05/01/2016

Le poème du jour : Claude-Michel Cluny (1930-2015)

HOLDERLIN BLOG.jpg

 

Hölderlin


                Reste tranquille où maintenant
                la poésie retrouve
                un chemin entre les statues
                dont les gencives saignent.


               La paix descend les marches
               espiègles d'un monde plus calme
               habité d'anges repentis.


               Les horloges n'ont plus besoin
               de chiffres ni de carillons.


               Un vieux mur oublie ses mensonges.


                                              Claude Michel Cluny

23:58 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

14/12/2015

Une poème de Pierre Gabriel (1926-1994)

GABRIEL BLOG.jpg


           Ce que le monde te raconte,
           Préserve-le comme un secret
           Scellé sous l'écorce et la chair.
           Au fond de tes yeux veille encore
           L'innocence du premier regard.
           Chaque syllabe en toi fait don
           De sa lumière au jour qui le suscite
           Et, d'un souffle, renaît pour mourir
           D'une autre vie, d'elle-même jaillie.
           L'été, la nuit, tout t'habite à jamais,
           La neige, le galet, l'oiseau perdu
           Et cette flaque où le ciel nu respire.


Pierre Gabriel

15:24 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)