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01/02/2016

Le Poème du jour : Daniel Dezeuze

1.

Dans une nuée de maringouins, l'ourse décrit
des paraboles, et, tard dans le soir, erre
asticotée. Au ciel, la Grande Ourse tourne
assidûment, assaillie par l'éclat de ses
étoiles.

2.

Sous les traits retors du soleil, les
ratisseurs de sel avancent, piqués, éraflés,
crevassés, dans les miasmes tièdes, où,
de roubine en roubine, un dieu gabelou les
roule dans la saumure, comme
sardines ou femme de Loth.

3.

Selon les lois de l'Eden : aucun ordre
de fauche, aucun tumulus de brasilles
pour l'ivraie qui cependant tournoie
en fumée et forme les piliers du ciel.

4.

La nuit sans conseil et lourde de fardeaux
passe dans les chemins creux. Son pas terreux
et le flottement de ses haillons couchent
les rêves dans l'hyperbole spongieuse où la
litote fleurit. Demain à la première heure,
il faudra déblayer les pierres entassées là
qui retiennent la fraîcheur du sommeil.

                                   Daniel Dezeuze

00:51 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

30/01/2016

Un poème d'Alain Jouffroy à Diérèse (1928-2015)

     Alain Jouffroy, prix Goncourt de la poésie 2007 pour l'ensemble de son oeuvre, a adressé à Diérèse en 2002 cette carte postale, avec au verso un poème : "A Gorgias", qui sera imprimé dans le numéro 19 de la revue (octobre 2002) avant d'être repris chez Gallimard, in Vies précédé de Les Mots et moi (2003). Aux curieux de comparer cette version avec la définitive. DM

JOUFFROY 1.jpg

 

jouffroy 2.jpg 

                                 A Gorgias

                   Mais non ! – Qu’est-ce que c’est

                           qu’ça, la nécessité ?

                   Anankhé ?

                   Et toi, allez, qu’infuses-tu

                           dans la théologie,

                   Aléthéia ?

 

                   Pendant ce temps-là,

                   De question en question posées,

                   La vérité a foutu le camp.

 

                  En finira-t-on jamais,

                   avec Platon ?

 

                                           Alain Jouffroy

01:14 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

29/01/2016

André Miguel, poète et plasticien

 Né à Ransart le 30 décembre 1920, écrivain belge d'expression française, André Miguel nous a quittés en 2008, laissant une oeuvre importante, encore insuffisamment reconnue. En poésie, citons Orphée et les Argonautes (1949), Fables de la nuit (1966), Boule androgyne (1972), Oeil immense (1977), Parler au dédale (1978)... Prosateur, Miguel est notamment l'auteur de L'Oiseau vespasien (1977).

Pour les lecteurs de ce blog, voici l'un de ses Talismans, qu'il a illustré, comme de juste :

 

 MIGUEL BLOG.jpg

 

 

MIGUEL BLOG II.jpg

                                   Talismans

 

                   J’ai demandé ce qu’elle sentait

                   Peluche des peaux

                   J’ai demandé ce qu’elle touchait

                   Bois dur des os

 

                   Le noyer mange champignon de nuages

                   Voue le vent à vos feuillages

                   Bouches-baisers

                   Je quitterai ce coin léger

                   Pour des étangs de feu couché

                   Car il me plaît d’être séché

                   Aux ongles aux os

 

                   Un épi de maïs vaut bien un doigt

                          de main

                   A mes rétines et à ma langue

                   A conquérir un arpent

                   A boire des aubergines

                   A mâcher pêcher

 

                                                  André Miguel

16:35 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)