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12/01/2016

Le poème du jour : Claude Tarnaud (1922-1991)

Un poème inédit de Claude Tarnaud, datant de 1960, que je vous donne à lire aujourd'hui :


Machine-outil


Va jouer à cache-tampon dans un gratte-ciel


avant que l'épervier que tu deviens en brûlant
ne fasse sauter les fusibles
l'immeuble s'illumine une dernière fois
- acte de déférence -
puis s'effondre sur la foule ivre
qui attend que tu sautes
de l'appui de la fenêtre
du 27ème étage


*


Tu passes en taxi sous la proue des grands
transatlantiques embrasés dès la nuit tombante


tu survoles étranger
ton propre entendement
gestes larges


Et si tu fermes les yeux
le bruit du vent se mesure
en multipliant par pi le carré de la vitesse


C'est ce qu'on appelle les
Grandes Orgues


Et tu vas écouter Thelonious Monk
oublier des verres vides
dans le sommier d'un piano à queue


                               Claude Tarnaud

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16:54 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

11/01/2016

Le poème du jour : Gustaf Sobin (1935, Boston-2005, Cavaillon)

Ces vers, de l'auteur de Fruit de glace :

La terre comme air


   pas la
   rose pour ses
   humides

   odeurs em-
   paquetées,
   ni

   pincée,
   sémantique, jusqu'à
   n'être qu'un

   blanc
   oeil incestueux :
   nos

   miroirs
   im-
   maculés. mais la

   rose
   comme votive : pour
   le


   voeu
   de la rose.
   qui


   lavé
   dans l'
   écume froide


   des
   creux de
   ses pétales, est


   offert,
   dés-
   ossé par notre


   souffle en
   den-
   sité vide


                Gustaf Sobin
   traduit par Dominique Fourcade

15:15 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

06/01/2016

Le poème du jour, de Marc Le Bot (1921-2001)

MARC LE BOT.jpg

Donne le nom des nuits


     Le sang des eaux, des sables, des vents,
la nuit est son drap noir. Eux coulent
au mitan de la couche.
     Les grattements d'insectes notent leur
temps : leur temps est ce sang-là, aux tempes.


     Le nom de la nuit est le sang noir.
La nuit du corps interne boit à la creuse,
à ses ombres.
     Le sel, dissous à l'eau des yeux, aveugle.
La langue en lèche le goût amer.


     La nuit noire de sable, de vents, de
mer, partage les couches des eaux vertes.
     Les bouches d'odeur ont des dents de
pierre. Les pierres font le partage des eaux
amères.


     La nuit se perd en vent, en eaux, en sable.
     L'esprit, s'il veille, éveille les lampes.
La nuit est la lisière.


                                Marc Le Bot

14:04 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)