241158

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19/01/2016

Le poème du jour : Henry Rougier

ROUGIER BLOG.jpg

Boudeuse une statue
De clématite a soulevé le soir

Si lentement

Que l’on dirait d’un livre qui s’apaise
Et dont le souffle entre les mots n'arpente
Qu’un semblant d’éclair entrevu

Boudeuse une statue
De clématite arase la mémoire

          Mais lui dont j’entendais le front
          Feuilleter l’écho d’une vie
Dont je voyais les yeux cogner du poing
Lorsqu’une rose (entre deux hoquets de maïs)
Excédée d’être n’était plus
Que le leurre de sa merveille

Lui qui tremblait s’attisait dans le feu maussade
Pour étouffer le ricanement des verrous

Lui qui s’ouvrait d’un coup comme une porte
Avide                       O lui
Que malmenait l’aorte d’un ruisseau
Quand ses paumes en crue
Soulevaient un nid d’incendies

Lui que sa fuite avant l’aurore
Démantelait comme toujours
Devant un pont-levis                      jeté
                               Sur une odeur de femme

Lui qui de nouveau pleure et soulève le soir
Pour rien
                          Dans la statue boudeuse


                                   Henry Rougier

06:17 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

18/01/2016

Un poème de Yves Lemoine

LEMOINE.jpg             Il y a toujours un homme seul
          sur un chemin de terre - Il y a
          toujours en soi un visage, des yeux,
          un sourire que l'on ne rencontre pas.
          Il y a toujours en soi, il y a toujours
          un regard qui vous écoute - Et
          toujours un chemin où la lumière
          refuse le temps.

                      Chaque visage un chemin
                      la lumière est au bord       des lèvres
                      la nuit les touche

                               qui brûle en sommeil
                               une existence

                      aujourd'hui s'ouvre

                                     Yves Lemoine

Dernière publication : Parler nu a deux visages, éditions Fata Morgana, avec 5 photographies originales de l'auteur.

14:53 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

15/01/2016

Un poème de Jean Lescure (1912-2005)

LESCURE.jpg


Feuilles de tremble

 

A courir les saisons le vent ne s'use pas


          C'était comme une nuit au milieu du silence
          aucun regard pour marquer l'heure
          aucune main pour la fraîcheur
                 aucune source
          seule au creux de la paume
          un peu d'eau qui me regardait


A soleil rouge vent promis
à soleil vert la mort s'avance
longtemps longtemps pour que paraisse
à la pointe de tes doigts
l'aile calme d'un mouchoir


                 Le feu n'a pas raison du soir
                 paraissez ombres de la mort
                 de l'amour la maison garante
                 raconte le divin silence


Il y eut un moment
le printemps parut respirer
la peau des choses s'étonner


plus tard elles attendaient
encore que je leur parle
le silence n'était pas assez grand


                 Jardinières du jardin perdu
                 les mains échappent aux saisons


                                    Jean Lescure                           
                                        
in Feuilles de tremble

                              éditions Proverbe, 2001

17:02 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)