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23/12/2019

"Le Blanc de l'ombre", de Marie Sunahara, éd. Le Carbet, 2002

Née à Tokyo, Marie Sunahara a vécu au Japon, vivement intéressée par la culture européenne. Elle décide de s'installer en France, à Paris où elle a résidé pendant 20 ans. Puis fait retour dans son pays d'origine, en 2012. A la manière de haïkus, ces poèmes extraits de son premier recueil Le Blanc de l'ombre:

 

Un chat s'étire

La lune sourit
A la nuit sableuse


* *

Les doigts de Chopin
Effleurent les roses
Le silence pleure
Plus pâle


* *

Une baleine
Sur la plage fiévreuse
Des bateaux chavirent
Dans la poitrine

L'ombre n'existe pas
Elle est une couleur
Comme les autres


* *

Tisser le silence
D'un fil blanc
De l'ombre


Marie Sunahara

IMAGE P. DHAINAUT.png

12:47 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

Mesures

"tant de bruits fins des eaux dans les doigts..."
Lorand Gaspar


Radieuse à travers ce qui l'égrène
de l'infaillible pollen
à la terre détachée
de sa propre couleur
touches de feu du temps
soleils peints sur le paravent
dans le silence du jour
cette vie retenue
toute hâte envolée


A l'heure nue où les vents
dénouent les illusions
le nom du monde
filtre l'invisible avancée
le masque s'ouvre
et tes yeux brassent
des fragments de nuages
parus entre les fûts de lisière


Un puits de jour
sous la pupille profonde
laisse filtrer les échos de l'histoire
de l'inerte et du vif
la ligne ininterrompue
des hautes herbes aveugles
tissées d'éther


Quand tout va séparant la forme
l'aigrette des lieux
des mots et crédules rumeurs
à mi-pente ce qui fut en soi cède
comme mention du dedans au dehors
aux mille yeux lovés
dans les fibres de tes mains


L'allongement des pas
dans cet ici qui ne se laisse saisir
les murmures des feuilles automnales
délivrent légères des ombres
des ébauches de paysages
s'enfantent librement
comme des victoires
ou des chimères

 

Daniel Martinez
le 23/12/2019

22/12/2019

La revue "Science Advances", 20 décembre 2019

Ce n’est pas une sonnette d’alarme, c’est un carillon désespéré. « Notre précieuse Amazonie vacille au bord de la destruction fonctionnelle, et nous-aussi », écrivent les chercheurs Thomas Lovejoy, de l’université George Mason, et Carlos Nobre de l’université de Sao Paulo. Ces deux experts lancent un appel dans la revue Science Advances, ce vendredi dans une tribune titrée : « L’Amazonie à un tournant : dernière chance pour agir.»

Selon leurs recherches, le taux de déforestation atteint désormais 17 % sur tout le bassin amazonien et 20 % sur la portion brésilienne. Le problème central est l’impact sur le cycle hydrologique. Les arbres absorbent l’eau des précipitations, puis en rejettent une partie par transpiration végétale, l’humidité s’évapore et se condense, ce qui crée des nuages et de nouvelles précipitations. Avec la déforestation, « jusqu’à 50 % de l’eau de pluie n’est plus disponible pour être recyclée », écrivent les chercheurs.

Risque de réaction en chaîne

Selon eux, si la tendance continue, l’Amazonie va « se transformer en savane », en commençant par les zones au sud et à l’est. Les premiers signes sont déjà là, avec une saison sèche qui dure plus longtemps et des températures en hausse. La bonne nouvelle, écrivent les chercheurs, « c’est que l’on peut reconstruire une marge de sécurité avec un programme ambitieux de reforestation ».
Les chercheurs le rappellent, il ne s’agit pas que de l’Amazonie. Avec la fonte du permafrost (sol gelé à forte densité en carbone) de l’Arctique et de la banquise du Groenland, on risque une réaction en chaîne irréversible qui pourrait transformer la terre en étuve. Tic, tac...