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08/12/2019

Un dessin de Robert Roman

En manière d'hommage à celui qui a été mon premier éditeur, avec "N'être qu'une fois", paru aux éditions du Contentieux en 2001 : oui, "ce qui pousse d'arbre en arbre, les bouleaux s'en souviennent", des "Demoiselles de Wilko à l'odeur des lentisques", ce retour à pas de loup dans le passé-présent (l'aube du vingt-et-unième siècle), chemin faisant. Amitiés partagées, Daniel Martinez

 

Dessin Blog.png

09:45 Publié dans Dessins | Lien permanent | Commentaires (0)

07/12/2019

"metz in japan", de Alain Helissen & Jean-Pierre Verheggen, Voix éditions, Mas d'Avall, 66200 Elne, disponible chez l'auteur *

Avec l'humour présent dans les Greguerías de Ramón Gómez de la Serna : "Livre : mille-feuilles d'idées", on peut lire ici - dans ce recueil signé par Alain Helissen et Jean-Pierre Verheggen qui se présentait d'abord sous la forme d'un journal de grand format exposé en juin 2003 au Musée des Beaux-Arts de Metz - et redécouvrir, au risque de la littérature, ces petits riens qui fondent l'interactivité d'un discours organisé autour de jeux d'assonances et d'extensions de phonèmes où le mot directeur, le médium, est "Metz", pris comme nom commun.
Les auteurs, tout à leur ouvrage, font voyager le vocable de néologismes en "metzologismes" et remontent le courant des expressions, locutions, citations passées dans la langue (parlée) : "Ne tirez pas de plan sur la cometz / Cent fois sur le metzier / Remetztez votre ouvrage", pour mieux goûter à mesure chaque métamorphose.
A la lecture, ces "metztrapolations littéraires" agissent comme un acide en introduisant dans le mot choisi un élément étranger (un contrefacteur, d'où le titre du recueil). De bouche en bouche, et sans plus donner de la voix que nécessaire, parce qu'après tout l'impuissance est la matière même du discourir, du communiquer (autant que généralement du faire, mais ce n'est pas le propos). Sous la grande machine circulatoire et les mille canaux de la parole, c'est à un zapping constant que nous assistons, où la mise à l'épreuve des mots remaniés préside à l'écrit.
Lors même que "C'est le metz-disant qui généralement / Emporte le marché", on se gardera bien d'en tirer des conclusions hâtives, sachant que dans metz in japan l'on touche d'abord à l'euphonie, puis au hasard qui peut enlever à la vérité (une partie de) son fondement et changer les points de repère habituels.
Irréductible à la seule idée, parce qu'il développe le singulier. Parti-pris ludique donc, cherchant dans son vouloir-être ce qui dans la langue viendrait à le corroborer, et le plus antiphilosophique qui soit, à l'inverse de ce qu'entendait Derrida, pour qui "La philosophie consiste à rassurer les enfants. C'est-à-dire, comme on voudra, à les faire échapper à l'enfance, à oublier l'enfant...". Le lecteur est ici dans la (grande) enfance du verbe assumée pour telle, qui parle pour elle d'abord et sans jamais viser non plus le "metz plus ultra !", inaccessible, hors-sujet, à tous les sens du terme.

 

Daniel Martinez

* Alain Helissen, 16 allée de la Champagne, 72 540 Loué

07:52 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0)

06/12/2019

L'avant-pays, d'après Séverine Rosset

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Quand le monde est-il dormant ?
Jamais. Jamais les choses ne s'absentent, c'est l'œil qui se ferme. Jamais elles ne s'éveillent, c'est la paupière qui se lève.
Ou nous ne savons pas ?
Nous ne savons pas qui rêve quoi, quelles traces subsistent entre phosphènes et reconstitutions du réel. Œil clos, œil clos nous voyons : un monde oui, dont les chemins s'imbriquent aux circonvolutions cérébrales, celui à l'envers, celui d'où l'on vient. Jamais vu et ineffaçable à jamais. L'avant-pays. Celui en gestation.
Quel monde d'antique mémoire œil clos rêvons-nous ou quelle mémoire du monde rêve là en nous ?
Ô clarté. Que tes lumières soient.


Séverine Rosset

01:25 Publié dans Arts, Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)