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21/08/2020

Diérèse 79 paraîtra en octobre 2020

Bonjour à toutes et à tous,
Les péripéties de la crise sanitaire mais aussi un travail d'édition dont je vous parlerai bientôt m'ont amené à reporter la sortie du numéro 79 de Diérèse, initialement prévue en juin, en octobre, avec la tenue (ou pas ?) du Marché de la Poésie. Bien entendu, les abonnements ne seront pas impactés, sachant qu'ils courent sur 3 numéros consécutifs.

Une partie d'entre vous a déjà reçu les épreuves de leurs textes et les ont validées. La date limite de retour desdites épreuves pour publication dans le numéro 79 a été fixée au vendredi 4 septembre en soirée. Je vous prie de m'excuser pour ces délais plutôt courts auxquels un emploi du temps particulièrement chargé me contraint (je précise, s'il en est besoin : il ne s'agit pas de vacances).
D'avance, merci à toutes et à tous pour votre compréhension et pour votre réactivité...

Au sommaire de ce numéro 79, Emmanuel Merle, avec une suite sur :

 

Le bleu d’Egée


A Mylopotamos il est tombé dans la mer
le rocher lui coupait les pieds

Il n’y a donc plus rien
que cette pierre sans âme
cette eau impitoyable

Le ressac couleur de menthe
ramène le sel des larmes d’Egée

Au loin le bleu est une immense flamme
l’entrée des enfers n’est pas sur terre

Comme la langue ancienne d’une douleur intraduisible
la couleur s’assombrit

Les yeux d’Egée sont de la même eau
qui cherchent encore sur le fond

entre les sillons de lave oubliés
le fils qu’ils ne reverront plus

Où es-tu la terre s’abîme sous mes pieds
la mer ne ramène que des corps sans visage

 

Emmanuel Merle

20/08/2020

"Cours s'il pleut", par Yves Leclair, éditions Gallimard, 24/3/2014, 142 pages, 17,50 €

Groningen à vélo


L'une lit, dans son coin, les jambes
croisées comme Bouddha. L'autre savoure
un verre de vin dont la robe s'ambre


au soleil. Une autre cache les globes
de ses seins blancs, enfile son maillot
de bain. Les gens sont rassemblés autour


du grand bassin où giclent des jets d'eau.
Le gazon semble peint en vert fluo.
Le piéton est surpris par le silence
des vélos sur la Grote Markt où l'on


déguste du hareng frais aux oignons.
On voit la friture blonde qui danse
dans l'huile, à l'arrière du camion.
La Vismarkt sent la bière et le poisson


                En partant de la Grote Beerstraat,
                et à Rutger Kopland,
                17 juillet 2004

 

Yves Leclair

22:04 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

"Vertiges", de Daniel Martinez

J'ai embrassé ce monde
sans que vienne la nuit
prendre trace dans mes paumes
collines collines pierriers de mes os
magie enivrante d'une fontaine
dédiée à ceux qui n'ont pas d'autre histoire
que celle des vents qui animent le monde
depuis ses commencements


Simplement dire aujourd'hui
présente à toi souveraine
cette campagne en face
et derrière toi d'un temps à l'autre
au devant de ce qui n'existe
que par le désir que nous en avons
l'odeur d'herbe celle de la pluie passée
sur les broussailles de cendre
au fil d'étranges feux
l'épaisseur inquiète de la terre


Si dans nos yeux passent
vastes et douces des couleurs inertes
passions lentes à l'envers du feuillage
une sorte de bonheur mieux de plaisir
plus et mieux que le miel d'Éleusis a paru
une volée d'étourneaux
mêlés à d'anciens visages
derrière les bruissements du rideau


Ils sont ta part nomade
et procèdent de ces peurs infimes
qui font hésiter la lumière
à combattre l'informulable
ils deviennent les fruits mûrs
appelés de nos vœux

entre lesquels jouent nos mains
quand d'une traite la forme efface
les derniers signes apparents

 

Daniel Martinez