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24/10/2020

37e édition des Assises de la traduction littéraire : 6 au 8 novembre, à Arles

Malgré le couvre-feu qui entre en vigueur à Arles à partir de ce samedi 24 octobre, la 37e édition des Assises de la traduction littéraire est maintenue à l'exception de quelques événements. A l'adresse suivante : espace Van Gogh, place Maurice Rey, 13200 Arles.

Pour accompagner les nourritures de l'esprit, des restaurants vous resteront accessibles, qui seront ravis de vous accueillir les 6, 7, 8 novembre prochains, pour dîner à l'heure anglaise.

ATLAS soutient, transmet, fait connaître la traduction littéraire par l’organisation de manifestations, de formations et par l'accueil en résidence au CITL d'Arles de traducteurs venus du monde entier.

Bon week-end à toutes et à tous,…

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Chemin faisant

Nappe liquide en aval
d'autres terres naissantes

et bleu de foudre
traversant l'image
avec une lenteur inaccoutumée
elle s'ouvre
dans la splendeur
de cette ville de ton enfance

c'était si beau c'était ici
et comme ailleurs
un peu comme à l'orée du monde
en attente
en préparation
un qui-vive sans autre objet
que d'entrer dans la mémoire
de notre monde labile
de glisser depuis le grand pavois
sur la surface lisse d'un lac
dont on ne voit pas le fond
ni l'eau même
pas une feuille ne frissonne
pas une brindille ne craque
Tout est là rien ne se dit
Quel calme !
et toi qui cours
qui cours derrière la porte verte
dans l'univers suspendu
avec la flèche de Zénon
qui vole
et ne vole pas
retiens ton souffle
dans la nature stupéfaite
c'était si beau c'était ici


Daniel Martinez

23/10/2020

"La Chine est-elle (encore) une civilisation ?"

En descendant le boulevard Saint-Michel, lu, tout près d'affiches encollées à la va-vite : "L'iniquité au pouvoir, c'est la décapitation du savoir". Comment faire fi de l'actualité directe, où la notion de savoir-vivre s'effacerait, face à un irrationnel figé qui voudrait à toute force prendre le pas sur le rationnel au lieu de se donner les moyens de composer avec lui ?
... Nous sommes de facto entrés dans une ère tout aussi inquiétante, anxiogène que procédurière à l'excès, où l'échange même (avec l'autre) tend peu ou prou à devenir conflictuel dès qu'il touche à certains domaines "réservés", où la liberté de chacun poserait question a priori. D'où ces réactions en chaîne, à partir desquelles la force animale voudrait se défier de ce que Rousseau appelait "le contrat social" ; ou encore récuserait cette phrase admirable de Baudelaire : "Ce qui est créé par l'esprit est plus vivant que la matière." La matérialité excessive de notre vécu social semble par effet retour provoquer ces débordements et distorsions auxquels nous assistons, impuissants, voire médusés, de nos jours plus que jamais. Face à cela, existe-t-il, néanmoins, un pouvoir équitable ? Poser la question c'est déjà y répondre.

Place Marcelin Berthelot, suis entré au Collège de France pour y suivre une conférence donnée par la fille de François Cheng, avec pour sujet : "La Chine est-elle (encore) une civilisation ?". Je reprocherais à Anne de ne pas avoir défini d'abord ce qu'est au juste une civilisation : pour discuter plus à propos de ce territoire immense que les dirigeants actuels de la Chine voudraient pouvoir qualifier d'État-nation. Or les valeurs mêmes que porte la civilisation, ici vieille de cinq mille ans (ou plus) peuvent-elles se fondre avec le politique, avec les régimes successifs qu'a connu l'Empire du Milieu. La démonstration d'Anne Cheng tendrait à prouver le contraire. Et, fort justement, que le savoir politique ne peut-être que l'une des composantes et non l'essentielle pour donner un fondement cohérent à la notion de civilisation, faisceau convergeant contribuant à un mieux-être collectif et individuel, qu'il nous appartient de conceptualiser pour mieux l'accompagner. Cette formulation claire apporte une réponse directe et pertinente à la question qu'elle se/nous pose, à juste raison.
Si déclin d'une civilisation il y a, il pourrait se loger dans une mise sous le boisseau du savoir, au seul profit du politique, dont les vérités sont si fluctuantes qu'elles tentent de canaliser une pensée qui ne servirait pas, directement ou indirectement, sa cause. Reprenons Nietzsche, cette phrase entre toutes : "Nous avons l'art afin de ne pas périr de la vérité." Beaucoup de nos nouveaux illuminés feraient bien de s'en inspirer, à défaut de la comprendre tout à fait.
Amitiés partagées, Daniel Martinez

16:28 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (0)