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17/04/2020

"Le retour et le chant", de Pierre Dhainaut, Thierry Bouchard éditeur, 333 exemplaires, 15 août 1980, 32 pages

Cinquième recueil de Pierre Dhainaut paru aux éditions Thierry Bouchard, après :

La maison, le passage (1976), En gloire, en filigrane (1977), Haleine, hélianthe (1979), Mise au clair de décembre (1980).

En quête d'un "jour plus grand que le jour", le poète interroge, à la lumière de l'image mentale qui préside à l'écriture, ce que véhiculent les mots autant que l'être, l'insaisissable autant que le plus concret. Ce, pour donner libre expression aux fresques de la mémoire, aux murs de la demeure et à leur charge émotive, aussi bien qu'à la mort inscrite en filigrane, qui comme le soleil "nous pénètre aussi" : le poème ouvrant à mesure l'entre-deux - figuré par ces deux espaces où nous évoluons, le fini et l'infini, où l'homme en quête de repères cherche sa place, dans le feu de ses pensées. Dans un lacis d'impressions qui témoignent à leur manière de la force du désir et du "chant (qui) nous précède" et vont livrer d'autres méandres, à suivre plutôt qu'à décrypter, entraînés que nous sommes par le temps, de l'avant à l'après, vertigineusement.  DM

¤


Abrupt,
le vent ne fut jamais moins rude : atteindrons-nous
notre visage ? Entre les rafales, entre les silences,
aucune hâte, aucun chemin pour nous mener,
nous retenir, la généreuse incertitude.

 

                              Un cri de la mouette,
il neige au-dessus de la mer.



                              Que verrions-nous
si nous n'écoutions pas ? L'écho se perd-il
en se répercutant ?
Nous accompagnons la lumière et la mort, le temps
qui résonne,
nous leur donnons visage.
Les mots ne mesurent d'autre ombre après nous
que la neige au long des plages où naît le vent,
nos yeux fermés, nos yeux offerts,
l'inépuisable.



Pierre Dhainaut

06:46 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

16/04/2020

"Le front contre la vitre", Paul de Roux, éditions Gallimard, 13 avril 1987

Le front contre la vitre


Le front contre la vitre
cherchant à rafraîchir, quoi ?
Peut-être pas seulement son front
mais le monde en soi comme un lac
qui a été troublé et ne reflète plus
que des images disloquées, embouées
quand plus profond, est-ce illusion ?
on entrevoit une image nette et pure
comme en gage d'une promesse
à laquelle on craint d'être infidèle avec le temps.


                                                                                       25 III 84

Paul de Roux

07:52 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

12/04/2020

"Comme un bruit de source - poèmes", de Xavier Bordes, éd. Gallimard, 18 mars 1998

A Rainer Maria Rilke


Ô plus chères que tous les rêves, Roses de la nuit !
Paupières pures closes, comme, douces, d'une Endormie,
songeait le poète, sur l'invisible qui dans l'air, odorant soliste,
multiplie les harmoniques, éveille la mémoire,
appelle à son destin, solennel, dérisoire, le poème
comme un parfum qui chercherait dans une haleine
de reine amoureuse, en mots, à s'incarner ! Roses
de la nuit, ô plus pénétrantes que les nostalgies,
plus fugaces mais plus obstinées que les écumes nées
des hanches du soleil et de l'éclat du sel ! Pensées
que ne troublent ni les séductions de l'espace, sites
des îles, golfes transparents, montagnes de l’Éclair et
pentes pastorales où le jury des oliviers chaque matin
murmure son verdict au paon de l'horizon, ni les
sortilèges du temps qui vient, passe, revient, repasse,
ainsi que ce mélange de houle et de siècles qui a
donné à tant de pierres... une rondeur d'épaule nue.

 

Xavier Bordes

09:03 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)