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25/07/2017

Marcel Arland (1889-1986) opus 1

Vous parler aujourd'hui des "Carnets de Gilbert", livre qui a suivi ou accompagné Marcel Arland pendant près de 40 ans. Il est juste quadragénaire lorsque lui est décerné le prix Goncourt pour "L'Ordre", Gilbert en est le héros. Dans ses essais intimes, le romancier, nouvelliste de renom et critique qu'il fut, publie en 1931, à 212 exemplaires, ces fameux "Carnets de Gilbert", illustrés par Georges Rouault (éd. Gallimard). En 1944, suit un deuxième tirage, à 1150 exemplaires cette fois. En 1960, ledit Gilbert revient en scène, dans "Je vous écris" (éd. Grasset) avec Carnets d'un Personnage, majuscule à la clé. Ces Carnets continuent leur vie aux éd. Jacques Dopagne, avec un tirage à 110 exemplaires, in "Qui parle?", en 1965. Enfin, ornée d'une eau-forte/portrait de Jean Bazaine et de trois eaux-fortes originales de Janine Arland pour les exemplaires de tête, la dernière mouture des "Carnets de Gilbert", qui compte maintenant quatre parties, a été imprimée le 18 novembre 1966 sur les presses de Gaston Gallimard, à 2600 exemplaires. Sur la première page de l'un des 100 ex. hors-commerce (celui-ci avec dédicace), on peut lire :

                               pour Roger Vrigny

       de L'Ordre à La Musique

         des Anges une route

          assez longue, assez dure,

            et qu'en reste-t-il ?

               Votre ami.

                  Marcel Arland

ARLAND.jpg

Rappelons s'il en est besoin, que Marcel A. (qui sut redonner un souffle nouveau à la NRF après l'inquiétant passage de Drieu La Rochelle aux commandes de la maison) met en scène dans "L'Ordre" un génie destructeur, Gilbert, qui cause le malheur de son demi-frère et de la femme qu'ils chérissent tous deux. DM

11:05 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

24/07/2017

Marcel Arland opus 2

Relire avec vous ce soir ce qu'écrivit Marcel Arland dans ses Carnets de Gilbert, édités par Gallimard en novembre 1966 :

 

 ARLAND  1.jpg

"La moindre de mes peurs ne fut pas le sommeil, le simple sommeil quotidien. Parfois, à peine y avais-je cédé, je m'en arrachais dans une crispation de tout l'être, me demandant où j'étais entraîné, tremblant de ne pas revenir, ou que ce fût un autre qui revînt."

Marcel Arland


Si nous emporte le sommeil, ne serait-ce pour nous restituer justement à l'autre que nous sommes, dans le même temps privés de ce qui, par la simple conscience, nous retient à lui et rattachés à l'image de nos vies, dans leur pauvreté et leur richesse originelles ? DM

22:36 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

23/07/2017

"Méditerranées", anthologie présentée par Michel Le Bris et Jean-Claude Izzo, éd. Librio

Ce livre, composé de quatorze textes, essais et nouvelles, entend célébrer la Méditerranée, "matrice de notre monde", mosaïque de légendes, mère des cultures. Y a-t-il une identité méditerranéenne, "plus forte que les forces qui tendent à la détruire" ? Des savants, idéologues, politiques ont glosé sur ce thème, mais, dit Michel Le Bris, "ce sont les artistes, les écrivains, les peintres, les musiciens, par-delà les cris de guerre, les anathèmes et les slogans, qui disent le plus fortement cet avenir possible, par l'évidence de leurs œuvres, qu'ensemble ils tissent, sauvent, recréent cet imaginaire méditerranéen qui est comme leur demeure". Des écrivains des deux rives y démontrent comment l'Orient et l'Occident ont su conjuguer leurs talents.

Méditerranée, terres de contrastes ? C'est le fil conducteur de la promenade proposée par Jacques Lacarrière, frappé par l'unité des paysages (vignes, oliviers, cyprès) en même temps que par l'irréductibilité des séismes géographiques, les fractures entre les traditions et les mentalités : la Méditerranée est un vivier de "perpétuels affrontements, rivalités autour du sang". Pour le Turc Orhan Pamuk, "l'identité méditerranéenne est une invention" un mythe forgé par les Européens ; il entend, sarcastique, "différencier la vie et la littérature, le club Méditerranée et la Méditerranée elle-même, l'eau et les mots. (...) Il faut comprendre que la Méditerranée est une mer, rien de plus. La mer et sa capacité d'inspiration infinie, voilà ce qui compte." Mer fêtée par Malika Mokkedem, fille de nomade qui explique que la découverte de cet autre désert qu'est l'horizon du grand large correspond à son évasion hors des claustrations, carcans de la tradition et de l'intolérance, abandon des interdits : traverser la mer, ce fut pour elle apprendre à observer les autres, et comprendre que la Méditerranée est "un immense cœur battant entre les deux rives de nos sensibilités". D'origine libanaise, Amin Maalouf revendique toutes ses appartenances : la libanaise, l'arabe, la française, l'européenne, la méditerranéenne, qui constituent "une identité de rassemblement et de rencontre" entre pays industrialisés et pays du tiers-monde, entre Nord et Sud, entre Occident et Orient, entre traditions chrétiennes, musulmanes et juives. "Optimiste inquiet", il en appelle à l'"opportunité d'une convergence", à la construction d'"une identité globale".

Thierry Fabre, lui, est hanté par l'imminence du tragique qui rôde... qu'il combat en évoquant le Bleu ("couleur de mes rêves", disait Joan Miro), ce coin de ciel qui "offre un passage par l'imaginaire", point de ralliement, "alliage entre le rythme de soi et le rythme de de l'autre, entre le permanent et le mouvant, entre l'attente et le bond". Bleu, écrit-il, qui symbolise la résistance au mondialisme, un style de vie singulier nourri d'une autre hiérarchie de priorités : "la disponibilité et l'attente, l'esthétique du quotidien et l'éthique du visible, inscrites dans la chair du monde et le plaisir des choses".

Jean-Claude Izzo (ode à Marseille), Erri de Luca (ode à l'île), Assia Djebar, Gamal Ghitany, Mahmoud Darwich sont de ceux qui, aussi, se répondent, en échos...

                                                                                               Jean-Luc Douin

19:49 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)