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25/09/2020

"Traité des excitants modernes", Honoré de Balzac, éd. Arléa, 80 pages, mars 2003, 10 €

Du Café

Sur cette matière, Brillat-Savarin est loin d’être complet. Je puis ajouter quelque chose à ce qu’il dit sur le café, dont je fais usage de manière à pouvoir en observer les effets sur une grande échelle. Le café est un torréfiant intérieur. Beaucoup de gens accordent au café le pouvoir de donner de l’esprit ; mais tout le monde a pu vérifier que les ennuyeux ennuient bien davantage après en avoir pris. Enfin, quoique les épiciers soient ouverts à Paris jusqu’à minuit, certains auteurs n’en deviennent pas plus spirituels.

Comme l’a fort bien observé Brillat-Savarin, le café met en mouvement le sang, en fait jaillir les esprits moteurs ; excitation qui précipite la digestion, chasse le sommeil et permet d’entretenir pendant un peu plus longtemps l’exercice des facultés cérébrales.

Je me permets de modifier cet article de Brillat-Savarin par des expériences personnelles et les observations de quelques grands esprits.

Le café agit sur le diaphragme et les plexus de l’estomac, d’où il gagne le cerveau par des irradiations inappréciables et qui échappent à toute analyse ; néanmoins, on peut présumer que le fluide nerveux est le conducteur de l’électricité que dégage cette substance, qu’elle trouve ou met en action chez nous. Son pouvoir n’est ni constant ni absolu. Rossini a éprouvé sur lui-même les effets que j’avais déjà observés sur moi.

« Le café, m’a-t-il dit, est une affaire de quinze ou vingt jours ; le temps, fort heureusement, de faire un opéra. »

Le fait est vrai. Mais le temps pendant lequel on jouit des bienfaits du café peut s’étendre. Cette science est trop nécessaire à beaucoup de personnes pour que nous ne décrivions pas la manière d’en obtenir les fruits précieux.

Vous tous, illustres chandelles humaines, qui vous consumez par la tête, approchez et écoutez l’Évangile de la veille et du travail intellectuel.

 

Honoré de Balzac

02:18 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

07/09/2020

"La Lumière de l'origine", Alain Suied, éditions Granit, 1988, 100 pages

Un poète de qualité, Alain Suied (1951-2008), né à Tunis (où j'ai dans le temps effectué mes études secondaires, au lycée de Mutuelleville précisément) qui a su traduire mieux que quiconque Dylan Thomas, Paul Celan, John Keats, William Blake (...), mais aussi et surtout un être d'une grande modestie. Il a publié, faut-il le rappeler ?, dans Diérèse.
A lire ou/et à relire : La lumière de l'origine, un recueil paru aux éditions Granit, dirigées par François-Xavier Jaujard. Extrait d'une lettre qu'il m'adressa peu de temps avant de tirer sa révérence, je vous en reproduis les dernières lignes, si justes :

SUIED BLOG.jpg

     Le présent désenchanté et aphone que nous traversons nous amène à redoubler d'attention, d'écoute, d'espoir. Mais n'est-ce pas toujours le fardeau lumineux du poète ?
     Dans la proximité,
     Avec gratitude,
     Alain Suied

10:31 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

05/09/2020

"La forge froide de mars", de Daniel Klébaner, éd. Fata Morgana, 6 octobre 1986, 64 pages

La lanterne sourde


Enfant d'âge scolaire, je disséquais l'oursin. Je cherchais parmi les piquants et la substance amère, un point dont je ne parvenais pas à admettre l'existence, ni le nom : la Lanterne d'Aristote.
Toujours intrigué qu'"oursin" pût contenir un nom d'un autre ordre que celui de l'animal marin, je tentais cependant le rapprochement avec le falot, le fanal maritime.
Mais je donnais surtout un autre sens à "lanterne sourde". Au lieu d'être celle dont on peut cacher la lumière à volonté, elle devenait une manière de dire cette lanterne ursine.

 

Daniel Klébaner

Oursin blog.jpg

10:06 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)