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14/06/2020

"Fragments", d'Héraclite, traduits par Roger Judrin, éditions Calligrammes, 2 mai 1987, 32 p.

Faute d'espérer, vous ne trouverez pas l'inespéré que vous croirez introuvable et hors de portée.


Aucun de ceux dont j'ai retenu les propos n'était parvenu à comprendre que la sagesse est d'un ordre à part.


La pensée est le plus haut degré de la vertu. La sagesse est de parler vrai, de régler ses actions sur la nature, d'obéir à sa propre voix.


Tout s'écoule.


Le contraire est utile. Des opposés sort le plus beau concert. De la discorde tout est né.


Un mot pareil désigne en grec et ce qui vit et ce qui vise. Mais la vie est un trait qui tue.


L'invisible harmonie vaut mieux que la visible.


Dieu tour à tour est le jour et la nuit, l'hiver et l'été, l'abondance et la disette, comme un feu mêlé d'aromates en reçoit la diversité des noms que l'on donne aux parfums.


La vie et la mort, la veille et le sommeil, la jeunesse et la vieillesse sont d'un seul et même homme, à tour de rôle.


Le naturel propre à chaque homme est son génie.


Excellent esprit, lumière sèche.

Héraclite

13/06/2020

"Feuilles d'ombre - apories", de Claude Michel Cluny, éditions de La Différence, octobre 1987, 96 p., 49 F

Idée solaire
ton ombre naît de l'agir.


Le Soleil n'est pas ton ami.
Il est roi.


La gloire, flamme futile
de mèche avec ce rien d'huile
qu'épuise la nuit.


O feuilles aux mains du vent, du temps -
l'homme non plus n'a pas tant d'importance
que son ombre veuille lui survivre.


Tu crois élire tes dieux.
Eux t'ont choisi. Ils habitent
pour mieux te trahir
au plus tendre secret de toi.
Ils ont toujours aimé le pire.


Qu'ils profèrent la Peur ou l'Espérance
les dieux se leurrent
de croire en l'homme.
Ils l'ont seulement rêvé.


Nous ne sommes jamais ce que nous sommes
au moment que nous voudrions l'être.


Les tares des hommes
ornent la robe d'or
des prêtres.


La voie se trace dans l'ombre du cœur.
Ne compte pas que l'esprit l'éclaire
parfaitement.

 

Claude Michel Cluny

10:25 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

12/06/2020

"L'Éclat", de José Ángel Valente, traduction de Jacques Ancet, éd. Unes, 28/7/1987, 750 ex

L'extrême étendue de la nuit
comme un inextinguible
couteau.

Idée de l'aube.
                       Nous ouvrîmes tes entrailles.
Tu nous en éclaboussais comme la pluie
pendant que je les buvais
comme des oiseaux vivants.

José Ángel Valente

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La longitud extrema de la noche
como un inextinguible
cuchillo.

Noción del alba.
                          Abrimos tus entrañas.
Y tú las salpicabas como la lluvia
mientras yo las bebía
como pájaros vivos.

José Ángel Valente