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22/12/2019

"Les yeux noirs", de Gu Cheng, traduction d'Isabelle Bijon et Annie Curien, éd. du Peuple, mars 1986 (Pékin)

La venue


ouvre donc la fenêtre et caresse les tourbillons d'automne
les jours d'été sont une tasse de thé fort enfin éclairci
il n'y aura plus de cauchemar ni d'ombre lovée
mon souffle est nuage et l'espoir chant


ouvre donc la fenêtre et je viendrai
tes cheveux noirs s'éparpillant sur un ciel limpide
sur le faîtage sonore les hommes et les drapeaux fragiles
vont à petits pas sans soulever de poussière


je suis arrivé tu n'attendras plus amèrement
il suffit de fermer les yeux pour trouver tes lèvres
il était une barque flottant des sables du rivage vers la falaise
les rayons du soleil s'inclinaient tels des rames plongées dans les rêves


il n'y a pas de roi suprême pas d'âme suprême
tu es mon épouse ma vie impérissable
je dirai dans ton sang toutes les choses du lointain
le monde est une nécropole que scellent les voix du souvenir

août 1982
Gu Cheng

21/12/2019

"Haïkus du temps présent", par Madoka Mayuzumi, traduction de Corinne Atlan, éditions Philippe Picquier (07/11/2014)

Au milieu de ce tohu-bohu actuel, je rencontre (16/12/2019, ndlr) une poétesse japonaise de passage à Paris, Madoka Mayuzumi. Elle enseigne le haïku à des français lors de chacune de ses visites. Cet art, si précieux, pratiqué depuis des siècles, a pour principe d'exprimer, en dix-sept syllabes, la force des saisons et l'importance de la nature. Bouleversée notamment par la catastrophe de Fukushima, le 11 mars 2011, la poétesse la plus célèbre du Japon a recueilli les haïkus écrits par les survivants de cette calamité. J'espère que ce livre sera un jour traduit. En attendant, il nous est possible de lire ses quatre-vingt-quatre Haïkus du temps présent (éd. Piquier) dont celui-ci :

         "Devant les cerisiers en fleur
          On ne peut douter
          Des lendemains"


Philippe Labro

 

MAYUZUMI BLOG.jpg

20/12/2019

"Le Grenier sur l'eau", par Emmanuel Looten, F. Paillart éditeur, 1949

Nombre

 

Ma ville est poitrail de lumières,
Un firmament gitan maraude
Ce nombre d'or, vif tournesol.


Mon sommeil est plomb d'un fourgon
Mort de sang lourd aux routes froides,
Étalon noble haut cabré.


J'ai désiré toutes les roses,
Ne plus connaître de mon givre.
Ami, cette cible est comptée...


Un lent bondissement du temps
Torsade la queue des comètes :
Courbes silenciées, forant les feux sonores.


Le bronze formulé tue à béante chair...
La mer prévue m'engloutira dans l'infini,
Mes reins gonflés de ce désir énorme.


Emmanuel Looten

02:57 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)