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26/09/2016

"Pourquoi écrivez-vous ?" I

Christian Bobin : Ne me demandez pas pourquoi écrire mais pour qui, et là je saurai vous répondre : pour vous et pour moi, pour un "vous" et un "moi" à venir, non encore apparus en ce monde où il n'y a personne.

Patrick Grainville : J'écris parce que j'ai peur. C'est l'angoisse le ressort, le moteur. J'écris pour combler un vide, un fossé entre moi - le dehors - et le monde. Il me faut le reconquérir, l'apprivoiser, le revêtir de mes mots, de mes images, pour qu'à ma ressemblance enfin, il cesse de m'exclure. - J'écris pour bâtir un monde à l'image de mon désir. Pour m'embarquer dans l'Arche. Pour habiter mon nom.

Pierre Notte : Parce que l'écriture est une forme dégénérée de l'ennui plus sûre et mieux dissimulée que la télévision.
Parce qu'il n'y a pas, quoi qu'on en dise, que des bêtises à la télévision, et qu'il faut bien passer le reste du temps. Parce que tout a été dit, mais pas comme je voulais.
Parce qu'il y a des silences moins avoués.
Et puis parce que je voudrais bien être quelqu'un, même décemment, comme ça, pour voir, parmi ceux qui existent.

Claude Simon : J'écris pour écrire.

Philippe Sollers : Parce que c'est moi.

Olivier Targowla : J'écris pour rassembler ce qui est épars en moi. Peut-être aussi pour me donner une apparente cohérence.

Antoine Volodine : Cela certainement quelqu'un l'aura déclaré déjà, mais écrivant je ne cherche pas à me faire original.
J'écris contre le dégoût de ne pas savoir, j'écris pour tourner la loi du silence qui doit suivre, j'écris pour connaître avant terme la saveur du mot fin.

François Weyergans : Ayant eu de longues conversations avec beaucoup de romanciers et quelques poètes, je ne leur ai jamais demandé : "Pourquoi écrivez-vous ?" Ni eux à moi. On aurait éclaté de rire, me semble-t-il - à moins d'être directeurs de revues ? C'est que la réponse à votre question devrait plutôt se chercher, à mon avis, dans les livres publiés par ceux à qui vous la posez. Si réponse il y a, on la trouve pendant la lecture de ces livres. C'est en tout cas mon expérience avec les livres que je relis. C'est évidemment un autre travail que la petite enquête à laquelle vous me demandez de prendre part. Mais je suis curieux de voir les réponses des autres ! Et puis votre question arrive au moment où je suis en train d'essayer de finir mon prochain livre. Est-ce qu'on demande au trapéziste qui s'apprête à sauter pourquoi il est là-haut ?

Ndlr : si quelqu'une ou quelqu'un désire s'exprimer sur le sujet, écrivez-moi à l'adresse : daniel.dierese24@yahoo.fr

13:32 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

23/09/2016

La disparition de Sylvie Brès

Zéno Bianu écrit, à propos de la poète Sylvie Brès :

Sylvie Brès
nous a quittés
apaisée
le mardi 20 septembre 2016,
après s’être battue depuis dix ans
contre la « longue maladie ».

 

« Les poèmes de Sylvie Brès
ont la beauté et la vérité des sources »,
disait Yves Bonnefoy,
sensible à la façon dont
Sylvie s’attachait sans relâche,
par on ne sait quel ultime tour de force,
à métamorphoser la maladie en poème.

 

Tu les entailles

au diamant

tes mots

tu leur voudrais

tant d’éclat

mais les voilà qui saignent

et rien ne peut arrêter

cet épanchement.

 

(Cœur troglodyte,
Castor Astral, 2014)

15:15 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

07/09/2016

Des nouvelles de Diérèse opus 68/ Suite de l'hommage à Michel Butor

Comme je vous l'annonçais, je suis (jusqu'au cou !) pris par le maquettage du numéro 68 de Diérèse.

Cette livraison comptera 304 pages. Bien sûr je n'en ai pas fait le tour, mais vois le bout du tunnel... Sachant que je termine toujours par le début, je veux dire les Tables, puis l'édito. Je m'y remets dans quelques heures, dès potron-minet.

Par ailleurs, Etienne Ruhaud me communique le lien qui vous permettra de lire ou relire un article de son cru paru in Diérèse 54 (automne 2011), à propos du livre de Michel Butor intitulé "Survivre", éd. AEncrages & co, 2011 :

https://pagepaysage.wordpress.com/2016/08/31/survivre-michel-butor-editions-aencrages-co-2011-article-initialement-paru-dans-dierese-54-automne-2011/

 amitiés partagées, Daniel Martinez

-------------------faites passer, je vous prie, merci----------------