241158

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/06/2020

"Paysage en cours", Paul de Roux, Atelier La Feugraie, 11 juin 2000, 56 pages, 50 F

AU PARC MONTSOURIS


Avec le vent, un long bruissement de feuilles
qui glissent encore un peu après être tombées
- les voici aussi sur le banc, un moment,
puis enlevées et bientôt dispersées.
Les ginkgos, tels des cierges éclatés
et de leurs flancs jaillissent des flammèches d'or.
Plus loin, des roux, des pourpres, des jaune-orange
et le repos des grands pins de l'Himalaya.
A nouveau se découvrent les nids, ici et là,
dans les plus hautes branches, et cela fait froid
plus encore que le vent sur les mains nues.

 

Paul de Roux

05:51 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

20/06/2020

"Première apparition avec épaisseur", d'Esther Tellermann, éd. Flammarion, décembre 1985, 128 p., 40 F

Ne puis-je atteindre qu'une fois
le chant ?
Le corps vacille.
Pourquoi résonne.
Ils ont dressé la pierre
où croire.


Et j'ai préparé mes plis
un soir
après l'âpreté du jour
et d'autres
très grises
à peine le temps d'une pensée
si vous saviez mon sentier.


La biffure
efface
l'espoir.


Mais j'ai dit les bleus infinis
quand le regard adoucit la lumière.


              On se penche vers elle :
              "veux-tu manger ?"

 

Esther Tellermann

06:33 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

19/06/2020

"Corps corrosifs", par Lorand Gaspar, éd. Fata Morgana, 13/2/1998, 333 ex., 24 pages

Peut-être nos mains voient-elles plus clair
dans la pénombre où bougent tant de commencements
de tant d'enfance.
Des lés plus jeunes que l'âge de qui voit
où nous sommes sans fin luisants dans le noir.


Pour une science ardue de nos obscurités :
le silence, la foudre, l'artère.
La force oiseau, calme flocon de braise
fascine les encres du gros temps,
parole de matin dans les gorges de pesanteur
elle tient en laisse la dispersion.
Ne plus poursuivre, laisser tomber les flocons de temps,
laisser neiger nos corps -
Aller par respiration plus que d'élan,
poumons ombreux dans la cage de lumière.


Dans l'arène osseuse l'opulence des reins.
En haut des mouettes croisent leurs cris
quand l'hégire bleue les déracine de mer.
Dans la paume de l'ombre le bivalve du couchant
la nacre de l'âme dans la chair forcée -
l'épave plus claire que l’œuvre.
Ici nous déposâmes nos noms.


La soif éclose aux vases d'embouchures,
poisson vorace dans la pompe des fruits.
L'huître à force de lenteur et d'essoufflements
dessine les nerfs gris de ses songes.
Cousus des rythmes du ressac et d'artères
nos temps putrescibles chantent
        magnifiquement !


Heureuse dispersion !
Fatale brisée de l’œil !
Dansent là-bas sur les faîtes de brumes
nos sangs chuchotés.
Nous avons fouillé la vague sous ses ronces
traqué des couchants célèbres et nous fûmes
serpents dans la fontaine de nos gestes.

 

Lorand Gaspar

09:18 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)