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14/04/2015

Pour célébrer le Printemps : le poète Jules Mougin (1912-2010) et le plasticien Nicolas André

RONDE

                    Que fait la pie ?
                         Elle vit sa vie.
                    Que fait Corbeau ?
                         Il interroge.
                    Bâtissent leurs nids tous les oiseaux.

                    Que faites-vous là, mésange ?
                         L'ange bleu, monsieur.
                    Que fait moineau sur ma maison ?
                         Le bel amour, c'est la saison.

                    Que fait l'hirondelle ?
                         La demoiselle
                         et le printemps.

                     Jules Mougin
       (facteur et poète, a publié in Diérèse)

villa demoiselle BLOG.jpg

La villa Demoiselle, à Reims, peinture de Nicolas André

16:32 Publié dans Arts, Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

05/04/2015

Paul-François Dubois écrit à Chateaubriand

Paul-François Dubois (1793-1814), professeur de lettres d’opinion libérale et futur député, fonda en 1824 avec Pierre Leroux le journal Le Globe, publication d’abord purement littéraire et philosophique avant de devenir politique après la chute du ministère Villèle en janvier 1828. Cette missive et la réponse de Chateaubriand sont il me semble inédites.

Tout d’abord, la lettre de Paul-François Dubois :

« Je pars malade, bien malade ; on me dit que j’ai besoin de l’air de mon pays [l’auteur a barré : et vais chercher quelque vie dans notre Bretagne]… J’emporte vos ouvrages pour charmer ma solitude. Je les relirai aux lieux où je les ai lus pour la première fois… car pourquoi ne vous le dirai-je pas, ce sont vos livres qui ont inquiété pour la première fois ma pensée, et animé mon imagination. Sans cette éducation toute soldatesque, toute servile de l’Empire, c’est le Génie du christianisme qui fut le véritable maître des âmes, & pour moi, dans notre bonne et religieuse province, je lui ai dû une piété qui n’était pas une manœuvre. Maintenant mes croyances ne sont plus : mais leur poésie me reste… J’ai bien souffert de ma négligence à parler de vos œuvres… Le ciel de notre pays… les grèves de notre océan, me rendront peut-être quelque force. Alors j’écrirais là ce que j’aurai senti et pensé. Cela n’est de rien pour les lecteurs du Globe, qui n’en sont pas à apprendre à vous admirer, mais c’est pour moi un besoin de cœur… Ce soir à six heures je courrai sur la route de Bretagne : Combourg est dans ma pensée, et bien certainement j’y ferai un pèlerinage… »

A quoi répond Chateaubriand, dans une lettre étonnante dont voici reproduite la première page, évoquant sa jeunesse à Combourg, qui lui a inspiré les plus belles pages des Mémoires d’Outre-tombe, voyez :

CHATEAUBRIAND.jpg

                                                            Paris ce 30 mai 1827

J’ai souvent Monsieur cru mourir, et je vis, ce qui n’est pas grand’chose. Il en sera de même pour vous, Monsieur. Je suis chrétien, Monsieur, et très chrétien et je vous convertirai ; nous nous entendrons. Mes mémoires diront après moi ce que furent (car ils sont abattus) ces bois de Combourg que vous allez chercher. Vous verrez ce vieux château qui n’est pas intéressant pour moi, parce qu’il est gothique, mais parce qu’il est rempli des impressions de mon enfance et des souvenirs de ma jeunesse.
Pensez quelquefois à moi sur les grèves que j’ai tant parcourues, mais ne vous occupez de mes ouvrages qu’autant qu’ils ne fatigueront pas votre santé. Vous me survivrez de quelque quarantaine d’années. Je vous recommande alors ma mémoire comme je me confie aujourd’hui à votre amitié. 

Croyez, Monsieur, aux sentimens d’affection et de dévouement de votre sincère compatriote,

                                         François-René de Chateaubriand

** voir notes blog des 27/2 et 2/3.2015

22:04 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

Dialogue avec Jean Rousselot (suite)

Il m'a été demandé une suite à ce groupement de poèmes qu'hier je vous ai donné à lire ; celui-ci, pour terminer.

DE  PART  ET  D’AUTRE
                                                                                     

Demeurent ces humeurs de la lumière
que sont les grands dattiers du Sahel
et derrière les vantaux du Grand Portail
regarde comme le berger rassemble
ses bêtes en cercle il n’est que temps.


D’un horizon à l’autre la terre
figée éblouie change de peau
rejoint le feu ses milliers d’yeux
élargit sur le cadran stellaire
l’effrangement lent des tribus chamelières
les Sabria, les Ouled Yagoub, les Adhara –
qui migraient autrefois jusqu’à la proche Libye.


Et l’eau recueillie dans l’outre
aux reflets de chrome ouvre le sol
donne à la source l’envolée brève d’un pleur
avant les pistes plus au sud
les villages en terre tapis dans un repli du désert
et ses fragments cristallisés : ainsi de nous
qui traversons le paysage en le fractionnant
sans fin jusqu’à l’âme blanche de l’astre roi.

                                                                    Daniel Martinez

20:27 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)