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21/05/2015

Frédéric Chef sera présent in Diérèse 65

Poèmeries


nous voici en terrasse non loin des salaisons
que le clocher surveille abricots chaussons chapeaux
filets pour attraper les crabes et tous fruits de saisons
sur le mur du cimetière on appuie son vélo

on commande un citron pressé sans l'être enfin
c'est l'heure de l'apéro café sans caféine
on jette un œil distrait au Télégramme afin
de savoir vers quoi l'univers s'achemine

un avion écrasé des luttes intestines
on s'en moque : elle pose son plateau couvert
de verres son regard bleu tout à coup illumine

le monde sa robe à fleurs tournoie
dans l'air sa cheville son cou à découvert
à ses lèvres carmin l'or d'un sourire poudroie

                                   Frédéric Chef

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22:50 Publié dans Diérèse | Lien permanent | Commentaires (0)

20/05/2015

Guy Girard sera présent in Diérèse opus 65

LA LANDE DES SIGNES


Quels furent ces premiers mots, ces premières images
Chantées puis perdues dans la jouissance des volcans ?
Fleurs et caresses que les amants prodiguent aux pierres
Pour embellir leurs belles, pour semer leurs étoiles ?

Furent-ils ce don furtif de l’ultime gorille à la foudre ?
Ou comme à rebours, une bouée éprise du noyé,
Qui se fait statue de sel puis doucement poupée
Épongeant de ses joies, le jardin de roses des sables ?

Plutôt que cette hantise tisonnant telles questions,
Laissons nos ongles, nos yeux flamboyer tel l’agneau de Saturne.
Victoire enfin que ce double élan de tendresse
Entaillant soudain le cuir poreux des mots !
Car les fées jamais ne seront si proches ni si folles
Lorsqu’hésitent à grincer Mont Olympe puis Montségur.

N’avons-nous pas d’elles reçu toute parole, de Mélusine, de Guan Yin ?
Marraines transparentes piquetant de leurs fourches
Le linceul ailé de la mémoire servant de filet
Pour au printemps piéger les pires serments
Faits à l’éternité, cette putain au bras de l’embaumeur
Septième du nom mais toujours novice
Quand il s’agit de faire l’acrobate au sexe du solstice,
Sur la lande où les verbes giboyeux s’incarnent dans le parfum
De l’aurore léchant et déchiffrant la face noire du soleil.

                                        Guy Girard

18:08 Publié dans Diérèse | Lien permanent | Commentaires (0)

Jean-Paul Bota sera présent in Diérèse 65

Soutine

(…)

D’autres fois, elle baguenaude dans le parc, d’arbre en arbre sur les chemins terreux/caillouteux, cela qui lui rappelle Richard Long, ses cercles de cailloux, Small White Pebble Circles, c’était à la Tate Modern, à Berardo aussi à Belém… Le parc, les jours de pluie, cela qu’elle aime et l’acier de l’orage – qu’elle observe, férocement depuis toujours, sortir de sa lézarde, enflée de rouge, large pas plus que sur la carte le fleuve, son grondement englouti, qui s’entrouvre telle la juteuse grenade… elle affectionne la pluie oui et l’orage, l’automne, le mauvais temps et le parc désert, le vide du parc à la nuit (elle, seule, que le parc entoure, toujours à racler dans la grisaille de la mélancolie), à voisiner avec les buissons façonnés où s’abrite parfois, arpenteur d’ombre, le piaillement des oiseaux. Buissons et piaillements. Mêlés au remuement des graviers sous ses pas. C’est sur un banc parfois, dos aux feuillages infusés d’ombre – à s’attendre ? Ombre et piaillements (dans l’air du soir). Elle s’embéguine. Pense à Soutine, sa passion des arbres ou plutôt chez lui l’arbre protecteur. En Lituanie, sienne l’enfance dans une région de forêt où l’arbre était au cœur des rites traditionnels. Arbre, emblème même du système cosmique, symbole de la vie renouvelée. 

                                                          Jean-Paul Bota

 

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Daniel Martinez, Parmi les ombres revenantes, 21 x 29,7

11:20 Publié dans Diérèse | Lien permanent | Commentaires (0)